L’indice du développement financier de Madagascar est inférieur à 0,1 quand on sait que le développement maximal est noté 1 et le minimal 0. Ces données issues des nouvelles Perspectives économiques en Afrique subsaharienne du FMI montrent à quel point le secteur financier ne bouge guère. Certes, une progression est notée entre 1980 et 2013, mais il n’en demeure pas moins que l’indice évoqué ci-dessus reste faible. Or, le développement du secteur financier a des liens étroits sur la croissance et le développement. Seulement, il a du mal à décoller et témoigne de la faible croissance économique et du sous-développement de la Grande Ile. Le pays figure ainsi parmi les pays subsahariens à enregistrer un faible développement financier. Son système financier ne diffère pourtant pas de celui de la majorité des pays en Afrique subsaharienne. En effet, le système bancaire domine le paysage financier, sauf dans les pays à revenu intermédiaire. C’est ainsi que l’Afrique du sud, le Lesotho, la Namibie et le Swaziland affichent des actifs non bancaires dépassant les 50%. Sinon, les filiales sous contrôle étranger sont majoritaires dans tous les groupes de pays et en particulier dans les Etats fragiles comme Madagascar, la Guinée, la Guinée Bissau.

Le FMI ne le dit pas mais dans la quasi-totalité des cas, ces filiales étrangères ont toutes une vocation commerciale. En tant que telles, elles n’ont pas la mission de soutenir des projets portés par des entrepreneurs en herbe, de nouvelles entreprises... C’est la raison pour laquelle à Madagascar, seuls 4% des jeunes d’après les données du Bureau international du travail (BIT) sont les propres chefs de leurs entreprises. L’accès au financement figure parmi les principaux problèmes auxquels les jeunes doivent faire face s’ils veulent créer leurs entreprises. En fait, le pays ne compte aucune banque de développement apte à répondre à de telles demandes. Le débat sur ce type de banque a été lancé quelque peu sous la transition, sans qu’il ait été suivi d’une stratégie claire pour sa mise en place. A l’époque, il était seulement question d’inscrire l’Etat parmi les actionnaires afin d’offrir des conditions plus souples aux clients de la future banque. Suivant l’étude du FMI citée plus haut, les actifs des banques d’Etat plusieurs sont d’ailleurs considérables dans plusieurs pays subsahariens. Elle cite l’Ethiopie, le Rwanda, les Seychelles et la Sierra Leone.

Outre la Sierra Leone qui est un Etat fragile comme Madagascar, les autres pays de ce groupe sont connus depuis quelques décennies comme des leaders économiques en Afrique. Comme quoi, rien n’empêche Madagascar de suivre la même voie mais à la condition sine qua non d’adopter la bonne gouvernance.  Depuis la transition pourtant, personne n’a relayé le débat sur la banque de développement. Et l’idée est tombée dans l’oubli. Or, le pays en a besoin puisqu’il compte plus de 60% de jeunes qui pourraient devenir un grand levier pour la croissance et le développement s’ils obtiennent les soutiens nécessaires pour entreprendre dont le soutien financier. Pour l’heure, près de 3/4 des jeunes sont pauvres d’après les données du BIT. Ils deviennent ainsi un boulet au lieu d’être un levier pour le pays. En attendant, le FMI remarque l’essor rapide des banques panafricaines qu’il considère comme un moteur important du développement financier : «Globalement, leurs activités en Afrique se déploient à une plus grande échelle que celles des banques européennes et américaines traditionnelles. Sept banques panafricaines sont présentes dans au moins dix pays. Bien souvent, elles font partie des trois premières banques du pays ».

Fanjanarivo