Les autorités de la République du Mozambique sont dans une mauvaise passe. Elles reconnaissent avoir dissimulé plus d’un milliard USD de dettes au Fonds Monétaire International (FMI), ce qui est extrêmement grave. C’est à bon droit que cette institution financière a immédiatement suspendu tout accord de prêt au Mozambique et que les autres bailleurs se sont empressés de lui emboîter le pas. Les bailleurs fournissent un quart du budget du Mozambique qui est l’une des nations les plus pauvres du globe. Cette situation rappelle étrangement celle de Madagascar. Les révélations faites par notre journal et d’autres lanceurs d’alertes, les autorités malgaches truquent énormément les comptes publics et mentent abondamment aux bailleurs, aussi bien au sujet d’Air Madagascar et de la Jirama, qu’en ce qui concerne le paiement des salaires des fonctionnaires, le mode de passation des marchés publics et le niveau des stocks d’or et de devises. Pour certains observateurs, ce serait une catastrophe si les bailleurs fermaient complètement les robinets des financements. Pour d’autres, un tel électrochoc serait salutaire car cela obligerait les malgaches à compter sur leurs propres moyens, comme au temps de la Transition.
M. GASPARD
