La lutte contre la corruption. C’est l’une des premières idées-forces annoncées par le premier ministre, Olivier Mahafaly lors de ses prises de fonctions. Puis, il a abondé dans le sens du président de la république concernant la nécessité prioritaire de soumettre le projet de code de communication au parlement. En réalité, les premières déclarations du premier ministre qui pourraient constituer ses priorités, ne laissent entrevoir une quelconque volonté de faire avancer les choses en matière sociale et économique. Elles ne reflètent en rien les préoccupations majeures des ménages et des entreprises ainsi que des autres acteurs du développement. Citons la pauvreté, voire la misère pour 52% des Malagasy évoluant dans l’extrême pauvreté, les coûteux soins de santé encore assumés par 40% des patients dans les hôpitaux publics (d’après les données du ministère de la Santé), l’environnement asphyxiant des affaires, les incertitudes pour des secteurs comme les mines et le pétrole dont la refonte du code respectif prend du temps… Ni le président de la république ni le premier ministre n’évoquent ces différents problèmes majeurs. Dans ce cas, il n’y aura pas grand-chose à attendre du premier ministre concernant la Politique générale de l’Etat (PGE) qu’il va présenter aux députés.
D’ailleurs, cet administrateur civil est un spécialiste des élections et non du développement. Il est toutefois censé réaliser la PGE. Dans ce cas, il est quelque peu illusoire de beaucoup attendre de lui concernant la croissance économique et le développement. Certes, le discours devant accompagner la présentation de la PGE pourrait aborder tous les points ci-dessus et bien d’autres, mais les actions censées les accompagner pourraient faire défaut. Il faut aussi rappeler que les premiers ministres qui se succèdent ont l’habitude de vouloir engager des chantiers tous azimuts, sans pour autant avoir la volonté politique et budgétaire pour les faire aboutir. Il n’y a qu’à jeter un coup d’œil sur le manque d’articulation entre le Plan national de développement (PND) et la loi de finances. Les secteurs cités comme stratégiques pour la croissance et le développement dans le PND ne sont pas dotés de budget suffisants et de réformes nécessaires. Par contre, le budget de la présidence de la république dont les projets présidentiels sont déjà confiés à un autre ministère, explose.
En réalité, la présidence de la république n’est plus appelée à beaucoup investir. L’explosion de son budget n’est donc justifiée que par celle des dépenses de fonctionnement mirobolantes ! Le président de la république et sa suite veulent-ils mener une vie de luxe dans un pays frappé par la misère ? Parler du projet de code de communication comme prioritaire en termes de textes à soumettre à l’assemblée nationale ne peut relever que de purs calculs politiques. Et le premier ministre abonde toutefois dans le sens du président de la république. En fait, les déclarations officielles sur ce projet de code font suite aux critiques acerbes des Etats-Unis sur les problèmes de liberté d’expression à Madagascar. Mais qui se soucie des 93% de Malagasy survivant avec l’équivalent de moins de 2 dollars ou moins de 6 000 Ar par jour ? Certainement pas les dirigeants !
Fanjanarivo