Le privilège de « tsimatimanota » a été conféré aux descendants de Trimofoloalina par Andriamasinavalona en reconnaissance de son initiative d‘offrir le sacrifice de sa vie pour sauver celle de son roi.
A notre époque de « royauté républicaine » cette impunité est devenue le fonds de commerce des copains et des coquins pour certains dirigeants. Ceux-ci pourront-il continuer à considérer le risque de sanction comme nulle alors que la société civile, les centrales syndicales, la hiérarchie religieuse et chaque bailleur de fonds déclarent tour à tour leur préoccupation face à la mauvaise gouvernance et la corruption ? Ces dernières semaines, la presse a joué pleinement son rôle de « sentinelles » et de lanceurs d’alerte en mettant sous les yeux du grand public nombre de dysfonctionnements. La crédibilité de l’Etat serait renforcée si parmi les nombreux dossiers mis en pâture il puisse y en avoir un qui aboutisse au bout d’une chaîne pénale dont le bilan reste désespérément vierge quant à la condamnation de prévaricateurs importants. Pour ne parler que des affaires qui tournent autour du bois de rose, l’on se souvient de l’extraction du Sieur Bekasy pourtant mis sous détention préventive. Dans le même secteur, les commanditaires de l’enlèvement et du meurtre de Toamasina. Et les exportateurs des 30000 rondins de Singapour ne semblent pas avoir été l’objet même d’une enquête préliminaire. Si le «changement dans la continuité » prôné par le Premier Ministre pouvait se traduire par une mise en place rapide du Tribunal Spécial prévu par la loi, les juges seraient bien inspirés de commencer leur office en épinglant un « poisson » assez «gros » pour marquer la fin des « tsimatimanota » et rassurer au passage la CITES avant sa réunion de juillet 2016 sur la capacité des dirigeants malgaches à traduire dans les actes leur rhétorique récurrente sur la protection des espèces en voie de disparition. Une raison pour être optimiste ? Les personnes surprises en train de convoyer dans des véhicules administratifs affectés à des personnalités de l’Etat ont été déférées au Parquet. Hélas, il reste à savoir si les investigations ne s’arrêteront pas une fois de plus au niveau des lampistes et malheureusement des rumeurs persistantes nous parviennent sur la ré-exportation frauduleuse des 6 containers de bois de rose rendus par Maurice et mis sous la garde de l’administration des Douanes.
Lola R.
