La grève des enseignants du secteur public démarre ce matin dans la cour du ministère de l’Education nationale à Anosy. Les meneurs ont, en effet, donné rendez-vous aux membres de la corporation sur ce site, ce jour à partir de sept heures. Pour quelle raison ? Notamment, car à huit heures chaque lundi, le ministre Paul Rabary assiste au traditionnel lever des couleurs dans la cour du ministère. C’est dire que ce matin, le ministre pourrait s’adresser de vive voix aux grévistes et donner son avis sur les revendications, avancées par les meneurs. Qui sait, si le ministre fournit des assurances qui persuadent les leaders syndicaux, le mouvement pourrait prendre fin ce matin même et les grévistes pourraient réintégrer les salles de classe…
Néanmoins, la cour du ministère a été choisie pour une raison majeure : si les grévistes ne stationnent pas sur leur lieu de travail ou tout au moins sur un site relevant du ministère de tutelle, ils pourraient être poursuivis pour « abandon de poste ». La grande question maintenant est de savoir si les enseignants du public rejoindront en masse le mouvement. De tout temps, en effet, cette corporation est en proie à la dispersion, d’abord en raison du nombre élevé des membres. Ensuite, car le ministère (et surtout ses services régionaux) exerce chantage et intimidation, poussant ainsi beaucoup d’enseignants à se détacher du mouvement. Deux facteurs devraient cependant inciter les enseignants à adhérer en masse à la grève. D’abord le « bon » exemple donné actuellement par des corporations en grève, comme les agents pénitentiaires et les greffiers des tribunaux, qui démontrent qu’une solidarité sans faille force l’Etat à reculer. Ensuite des conditions de vie dégradées, aggravées par la crise, qui devraient contraindre les enseignants à adhérer aux revendications, comme l’octroi de nouvelles indemnités ou la révision de la grille indiciaire.
Signalons que les dernières grèves des enseignants de la Fonction publique ont eu lieu en mai 2005, du temps du ministre Haja Razafinjatovo, et en mai 2012, du temps du ministre Manoro Régis. En raison de la division chez les grévistes, ces mouvements n’ont obtenu que peu de succès.
A. R.
