Asa fa tsy kabary

Comme ces chercheurs qui veulent intégrer  le cadre «tout génétique » dans une théorie de l’évolution plus générale puisqu’il existe  d’autres forme d’hérédité ceci dans le but de dépasser le réductionnisme du «génocentrisme » ou du « tout génétique » ; il devient urgent de s’ouvrir aux multiples angles d’attaque pour définir  les «vraies» priorités et sortir de cette misère tant sociale que financière, du moins pour la très grande majorité de malgaches.

Si la responsabilité du devenir d’une nation, certes, est collective, le levier est entre les mains des gouvernants et du monde politique.

Dans l’analyse de cette responsabilité collective, il est à constater une constance dans l’évolution sociétale, la propension à servir.

Déjà Etienne de la Boétie déclarait « soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. Je ne vous demande pas de le pousser, de l’ébranler, mais seulement de ne plus le soutenir, et vous le  verrez, tel un grand colosse dont on a brisé la base, fondre sous son poids et se rompre. »

Aujourd’hui les électeurs s’imaginent que servir c’est gouverner et les représentants, les gouvernants comme  les politiques  se figurent que l’essence de la démocratie se niche exclusivement dans l’acte électoral (Les Présidentielles ne sont-elles pas déjà la Grande Priorité).

Ainsi, le souci d’indépendance et d’autonomie est, encore une fois, relégué aux calanques grecques. Pour rallumer cette flamme, nous citoyens «lambda» nous devons  prendre conscience de nos propres failles avec l’aide de nos expériences et de nos sensibilités puis y faire face, failles qui sont : notre goût pour le pouvoir ou pour la servitude et …notre  enclin pour la corruption. La flagornerie, la complaisance et l’humiliation de soi-même seront plus facilement désarmées face à cette lucidité. La pauvreté, la misère, la faim, le chômage, la corruption, l’illettrisme ne seront plus une affaire de fatalité. Le devenir du pays ne restera plus entre les seules mains d’une minorité mais redeviendra l’affaire de Tous et de Chacun. Cette prise de conscience individuelle et collective  permettra de démanteler les rouages de cet état de crise permanent, permettra de reprendre en main notre réalité quotidienne. 

Rappelons que nous élisons, par suffrage direct ou indirect, des représentants de partis  politiques aux plus Hautes Fonctions de l’Etat. Rappelons que l’Etat est censé incarner l’Intérêt Général dans sa Diversité. Rappelons que les partis politiques sont par définition des appareils constitués de gens partageant les mêmes intérêts, la même vision.

Œuvrons pour que pour que « ces mêmes intérêts »  ne se limitent pas à se constituer une rente à vie pour soi et pour ses proches. Œuvrons pour que « ces mêmes intérêts » ne se limitent pas à étendre le pouvoir de La Doctrine à la société toute entière au point annihiler la Démocratie dans son essence.Œuvrons pour que les partis politiques ne se soumettent pas au pouvoir de leurs mécènes. Œuvrons pour que nous cessions d’être des consommateurs passifs  soucieux de notre confort précaire, périssable. Œuvrons pour que la dictature de l’argent s’écroule pour instaurer le Fihavanana, ceci avant que  le «harena an-kibon’ny tany » ne soit irrémédiablement dilapidé.

Il y a plusieurs années en arrière, deux hommes ont écrit :  «A l’image de ces pays qui ont trempé leur âme dans le courant de l’Histoire, Madagascar a su trouvé dans son essence même, la force et le courage pour assumer son propre destin, son propre développement.

Car il existe un précieux trésor qui vit dans nos cœurs et ne périra jamais : trésor unique où tous les vivants s’abreuvent comme d’une source qui ne tarira jamais ;

Ce trésor, c’est le travail humble et quotidien, mais sublime dans sa continuité» (Texte  extrait de la Revue MADAGASCAR AN X)

Que cette « sublime continuité ne soit pas , « cet éternel va-et-vient qui nous montre dans le passé la série des révolutions partiellement avortées, le labeur infini des générations qui se succèdent à la peine, roulant sans cesse le rocher qui les écrase, cette ironie du destin qui montre des captifs brisant leurs chaînes pour se laisser ferrer à nouveau, tout cela est la cause d'un grand trouble moral, et parmi les nôtres nous en avons vu qui, perdant l'espoir et fatigués avant d'avoir combattu, se croisaient les bras, et se livraient au destin, abandonnant leurs frères. C'est qu'ils ne savaient pas ou ne savaient qu'à demi: ils ne voyaient pas encore nettement le chemin qu'ils avaient à suivre, ou bien ils espéraient s'y faire transporter par le sort comme un navire dont un vent favorable gonfle les voiles : ils essayaient de réussir, non par la connaissance des lois naturelles ou de l'histoire, non de par leur tenace volonté, mais de par la chance ou de vagues désirs, semblables aux mystiques qui, tout en marchant sur la terre, s'imaginent être guidés par une étoile brillant au ciel. »

Oui, le « Fihavanana » est un facteur d’évolution. Ce n’est plus simplement et uniquement faire la charité chrétienne à son voisin. Le « Fihavanana » c’est rejeter  cette théorie qui consiste à croire que les hommes peuvent et doivent chercher leur propre bonheur dans le mépris ou l’indifférence des besoins des autres  puisque la lutte de chacun envers et contre tous est le principe de la nature, de la société humaine.   

Oui, le Travail est un facteur d’évolution. Le travail, non pas réduit à sa fonction primaire alimentaire, mais le travail source d’épanouissement «  chacun doit se plaire à son travail. », disait Kuttenberg et de rajouter, "et personne ne pourra, tout en ne faisant rien, s'approprier ce que les autres ont produit par leur application et leur travail, puisque les lois doivent protéger l'application et le travail".

Non la sélection naturelle n’est pas un facteur d’évolution. Par contre la transformation incessante de cet environnement qui est d’éradiquer les famines, de lutter efficacement et de manière préventive aux fléaux naturels, de donner accès aux soins à tous, de promouvoir l’éducation et la formation continue, d’instaurer l’ascenseur social, …tels sont les facteurs d’évolution sociale, sociétale, d’une Nation ; la liste reste cependant  non exhaustive. Créer cette dynamique sociale serait le fusionnement de l’évolution avec la révolution, puisque cette dynamique de l’évolution est en quelque sorte la préparation d’un monde moderne d’un monde où le progrès social et politique, le progrès moral et matériel le progrès des sciences, de l’art et /ou de l’industrie… seraient accessibles à la « majorité écrasante » de la population autochtone. Nous sommes en rupture complète avec cette fatalité «d’être né quelque part », ce quelque part ou le sol est aride et hostile à l’homme, ces territoires, ces quartiers  isolés et oubliés de tous. Nous sommes en pleine révolution, non plus simplement une révolution des idées mais une révolution de l’action ; car tous les progrès sont solidaires à savoir actionnent le cercle vertueux de la croissance, de la modernité.  

Préambule

« Le peuple malagasy souverain, …

Résolu à promouvoir et à développer son héritage de société vivant en harmonie et respectueuse de l'altérité, de la richesse et du dynamisme de ses valeurs culturelles et spirituelles à travers le «  fanahy maha-olona», …

Convaincu de la nécessité pour la société malagasy de retrouver son originalité, son authenticité et sa malgachéité, et de s'inscrire dans la modernité du millénaire tout en conservant ses valeurs et principes fondamentaux traditionnels basés sur le fanahy malagasy qui comprend «ny fitiavana, ny fihavanana, ny fifanajàna, ny fitandroana ny aina », et privilégiant un cadre de vie permettant un « vivre ensemble » sans distinction de région, d'origine, d'ethnie, de religion, d'opinion politique, ni de sexe,… »

Recueillie par Nancy Razanatseheno