Le manque d'infrastructures structurantes et leur vétusté est une entrave majeure au développement économique et social du pays, et un facteur de vulnérabilité de la population.

Le déficit d'investissements et d'entretien, ainsi que les effets des aléas climatiques récurrents contribuent à leur forte dégradation. Malgré un positionnement géostratégique favorable aux échanges internationaux, le commerce inter-régional reste peu développé par manque d'infrastructures adéquates.

Au niveau des infrastructures routières, Madagascar a perdu en moyenne 1.000 km de routes par an sur la période 1970-2000 . Fin décembre 2013, les routes en bon état ne représentaient que 10 % de l'ensemble du réseau routier malgache et la proportion des communes accessibles par voie de surface était estimée à 40 %.

Aussi, dans la continuité des interventions des FED précédents, le l lème FED améliorera –t-il la mobilité des personnes et des biens par la réhabilitation de connexions routières. Il contribuera ainsi à la réhabilitation d'axes routiers qui permettront le désenclavement de zones à fort potentiel économique, et faciliteront les exportations. Les tronçons prioritaires identifiés incluent à ce stade les routes nationales suivantes : la Route Nationale (RN) 13 (105 km), la RN 6 (230 km), la Route Nationale Temporaire (RNT) 12A (240 km), la RN 5 (100 km), la RN 5A (160 km), ainsi que des portions de rocades d'Antananarivo. Les projets routiers bénéficieront d'un volet d'actions sociales d'accompagnement et de genre.

Secteur agricole: Travaux de curage sur le périmètre Ifanja Sud

Les travaux de curage sur le périmètre Ifanja sud de la Commune rurale Anosibe Ifanja/ Région Itasy ne font que débuter.   Commencés  le 29 avril dernier, ces travaux sont pris en charge par le programme BVPI et devront se terminer le mois de septembre prochain. Et selon les données publiées dans les Actualités Minagri , il est , entre autres, fait état que le montant total des travaux est d’environ 7 milliards d’ariary et est financé par la Banque Mondiale. Les travaux consistent donc au curage et regabaritage de 3 rivières et des drains  d’un total de 20km, desservant le périmètre. Ils permettront de soulager le périmètre  du problème de l’inondation et de l’ensablement et d’obtenir une production,  après travaux,  de près de 4000 tonnes soit un rendement  de près 4t/ha et permettront également aux 2000 usagers de cultiver sereinement.

Et les mêmes informations de souligner, surtout, que le périmètre Ifanja sud   a une superficie de 1094 ha. Ces dernières années l’érosion avancée des bassins versants de l’ensemble du périmètre a entrainé un ensablement plus ou moins généralisé des rivières, du réseau d’irrigation et drainage et par conséquent des rizières. Cela a eu un impact négatif au niveau du rendement et de la production de riz…

Plateau Mahafaly: Nouvelle forme de transhumance pastorale

Dans une étude de cas qualitative, l’élaboration récente d’une transhumance pastorale à travers le plateau Mahafaly dans la région subaride du sud-ouest de Madagascar a été analysée. Des interviews ont été menées avec des bouviers de 26 villages de la région afin de comprendre comment cette nouvelle forme de transhumance est apparue et comment elle a été élaborée afin d’identifier les similarités et les différences par rapport à la transhumance traditionnelle qui reste d’actualité et suit la même direction mais en sens opposé.

Résumé

Les interviews ont abordé les expériences personnelles des bouviers sur la pratique de la nouvelle transhumance ou la transhumance traditionnelle ainsi que leur perception des menaces que représentent les voleurs de bétail (dahalo, en dialecte régionale malaso). Les avantages et les limites de la nouvelle transhumance ont également été globalement abordés. Les personnes résidentes de la zone littorale ont été interviewées pour comprendre comment elles percevaient la nouvelle transhumance et comment elles accueillaient les bouviers dans leurs villages. Contrairement à de nombreuses études menées à Madagascar, les résultats obtenus ici montrent que les droits de propriété portant sur l’accès aux terres ancestrales ne sont pas une contrainte pour les mouvements pastoraux.

La nouvelle forme de transhumance est encore peu institutionnalisée mais favorisée par des normes pro-sociales de solidarité et d'hospitalité inconditionnelle (fihavanana, en dialecte régionale filongoa), de partage des ressources fourragères, de modèles mentaux de liens de parenté (raza, longo) et d’institutions autochtones formelles régissant les rapports de confiance mutuelle (titike, kine). Néanmoins, l’extension et une plus grande institutionnalisation de la nouvelle transhumance sont limitées par les modèles mentaux portant sur les droits des bouviers ainsi que par les changements sociaux induits par la forte croissance des vols de bétail, de sorte les institutions qui régulent la mobilité des bouviers sont affaiblies. L’hospitalité et les droits minimums sont de plus en plus limités aux relations filiales, et leur interprétation en ce qui concerne les bouviers a été bien réduite avec un accueil refroidi en ce qui concerne les bouviers allochtones, plus particulièrement sur la nouvelle transhumance. Cette étude montre comment les problèmes de transhumance du bétail ont influencé les normes sociales et les modèles mentaux des sociétés rurales. Elle a révélé la manière avec laquelle des normes sociales et des modèles mentaux spécifiques influencent la capacité d’adaptation des gens, plus particulièrement dans des milieux socio-culturels gouvernés par des institutions locales informelles.

Référence:

Goetter, J. F. 2015. The cattle raiders leave us no choice: New transhumance in the Mahafaly Plateau region in Madagascar. Madagascar Conservation & Development 10, S3