En habitant dans une banlieue d’Antananarivo, j’empruntais souvent les ramifications des routes nationales. Heureusement encore que pour me déplacer j’utilise un scooter qui me permet de passer dans les intervalles de crevasses dignes d’un pays en guerre qui a subi des bombardements. La route de la commune de Sabotsy Namehana qui va vers Ambatofotsy nord qui vit dans ce cas de figure a particulièrement retenu mon attention parmi tant d’autres. D’après mes sources d’information, le maire élu dans cette contrée est un indépendant, c'est-à-dire qu’il n’est pas affilié à aucun parti politique existant dans le pays. Comme cheval de bataille lors de ses discours politiques précédant son élection, il a promis de refaire en premier la route susnommée. Des mois sont passés et on ne voit rien venir, à croire que dans ses velléités d’œuvrer pour sa bourgade, il fut saboter par ses adversaires politiques. Loin s’en faut car après quelques recoupements, le financement nécessaire pour la réhabilitation de cette portion de route est disponible, mais le maire attend le moment propice pour passer à l’acte effectif de réparation à cause des intempéries qui sévissent actuellement. Sur ce, les usagers craignent que ne disparaissent petit à petit cet argent dont l’imputation est réservée pour la réfection de route nécessaire à toute une population en perpétuelle augmentation. En effet la perte de temps par le ralentissement des véhicules qui y circulent et la perte d’argent occasionnée par les réparations inhérentes aux effets pernicieux de l’état plus que lamentable de cette voie de desserte sont carrément affligeants.

Mais en fait, bon nombre de petites routes de campagne sont en attente de l’intérêt qu’on peut leur porter. Une multitude de villages n’ayant pas de personnes influentes qui peuvent défendre leur cause attendent une manne du ciel qui fera en sorte qu’on s’intéresse enfin   à leur sinécure, car de leur député et maire trop occupés à revendiquer leurs voitures tout terrain, les villageois ne pouvaient rien attendre d'eux. Cet état de chose fait transparaître un dysfonctionnement certain de l’appareil administratif malgache. Aucun plan d’action respectant l’urgence sociétale n’est Jamais apparue pour permettre aux oubliés d’espérer une amélioration de leur cas. Pour bénéficier d’une considération de la part de l’Etat, il faut avoir comme habitant en ces lieux une personne influente, et la priorisation de l’intervention administrative se fera (SIC).

Alors on se retrouve sur le terrain de ce qu’on appelle internationalement : LE TRAFIC D’INFLUENCE. Ah ce trafic d’influence qui est loin d’être pénalisé à Madagascar ! Ce concept que plus de 90% de la population ignore qu’il est un acte pénal. En ces années 2016, il est encore utilisé dans toutes les sphères d’activité du plus haut au plus bas de l’échelle sociale. Ceci est illustré par le fait que dans la vie active, on posera toujours ces questions à nos proches : Est-ce que tu peux intervenir ? Est-ce que tu connais quelqu’un ? Tout cela est ânonné avec toute la candeur de l’ignorance sur le fait qu’on est en train de demander à son vis-à-vis de faire pur et simplement du trafic d’influence. Et ce n’est que la face cachée d’un iceberg car en haut lieu, cela vaut des millions sinon des milliards, et ceci explique cela concernant le rush de tous ces quidams aux postes de responsabilités comme : le gouvernement, le sénatorial, la députation, la mairie et tant d’autres encore…

Cet aspect de la vie dans notre pays qui est généralement utilisé, accepté par la société et nous met de surcroît au ban des pays les moins sécurisants en termes d’investissement. Récemment on a vu un problème de réfection de la route aux environs d’Ambohipo se dénouer, grâce à l’intervention d’un sénateur usant de ses prérogatives auprès des instances concernées. La célérité de la réalisation fut applaudie par certains médias et aussi par le peuple, mais en même temps, ce fut une illustration d’un trafic d’influence qui existe bel et bien dans tout le pays, atteignant même nos législateurs.

En tant que Sentinelle de la vie publique, pour éviter que ce fait délictuel ne se répande à l’avenir, et même si cela s’est avéré nécessaire et légitime sur le cas cité ci-dessus, il nous faut revenir dans la légalité, et faire prendre pour principe qu’“organiser c’est prévoir”, en incitant toutes les instances de tutelle à établir et afficher un calendrier des réalisations structurelles conforme à leurs plans d’actions annuelles.

Utopistes dites-vous ? Mais on doit COMMENCER A ŒUVRER pour l’avenir afin que la normalité soit. Pour cela, il faut en finir avec ces pensées fatalistes sinon pessimistes comme quoi rien n’est possible aux malgaches. L’obtention de ces objectifs est conditionnée par une volonté politique bien accrochée en éradiquant ces actions ponctuelles qui n’ont rien à voir avec la rectitude que doivent avoir les responsables étatiques qui maîtrisent leurs sujets. En effet, comment justifier devant un parterre de gens avertis le fait de favoriser un quartier ou une région par rapport aux autres ? C’est le meilleur moyen de créer une explosion sociale en faisant du peuple des gens frustrés qui refusent de se plier aux lois qui nous gouvernent.

Max Randriantefy