Les députés se réunissent, session parlementaire oblige. Censés présenter des propositions de lois, ils votent surtout des projets de lois présentés par l’exécutif. Parfois même certains votent des lois moyennant mallette sonnante et trébuchante sans forcément prendre connaissance des textes qu’ils votent. En effet, il est difficile de croire que ces parlementaires épluchent chacun minutieusement les lois de finances qu’ils votent en même pas une journée ; il est difficile de croire qu’ils prennent à cœur leur rôle de représentants du peuple, de législateurs lorsqu’on constate qu’à chaque session parlementaire ils pensent d’abord à leurs avantages faramineux dans l’océan de misère dans lequel se trouvent leurs électeurs, ils pensent d’abord à leur 4x4 et autres demandes toutes aussi loufoques les unes autant que les autres, ils pensent exclusivement à eux et non à représenter le peuple ce qu’ils sont censés faire toute l’année. Pourtant, il y a tant de matières sur lesquelles il faut légiférer et étrangement les députés qui ont ce pouvoir de légiférer laissent systématiquement à l’exécutif le soin de présenter des projets de lois, un exécutif qui n’exécute même pas les lois ou qui ne respecte même pas lesdites lois, un exécutif que le législatif menace à tout bout de champ de destitution à moins que le pacte de stabilité se présente sous forme d’argent. Que nous réservent alors les députés cette fois-ci ? Ce qui est sûr c’est qu’ils doivent penser soit à renforcer encore plus leur immunité qui signifie impunité maintenant qu’un assistant d’un des leurs se soit fait attraper avec des sacs entiers de chanvre indien, soit à faire bloc derrière ce député pour tout rejeter sur l’assistant parlementaire, soit à avoir un sursaut de dignité, d’honnêteté et reconnaître que Tsimbazaza – le palais et non le zoo – ne devrait plus être le lieu qui regroupe en un minimum de kilomètres carrés ce que le pays peut avoir de plus mauvais. En effet si le zoo, bien que mal entretenu est le lieu où l’on retrouve ce que le pays peut avoir de rares en terme de faune et flore ; le palais lui par contre est celui où l’on retrouve ce que la population abhorre. Bien sûr, les parlementaires ne sont pas tous ainsi seulement par souci de corporatisme toujours ils se gardent bien de procéder à la levée de l’immunité parlementaire des brebis galeuses et se complaisent au final à se retrouver tous dans le même sac quoiqu’ils puissent dire.

Anaïs T.