L’accélération de la croissance et l’amélioration de la compétitivité de l’économie malgache souffrent de plusieurs contraintes. La première contrainte majeure au dynamisme du secteur privé, selon les données du Programme d’appui aux reformes de la gestion économique de l’Afdb, est liée aux incertitudes au niveau de l’environnement des affaires. Dans le classement Doing Business 2016 de la Banque mondiale, Madagascar se situe au 164ème rang sur 189. Les crises politiques à répétition et l’absence de réformes structurelles ont provoqué le recul du pays par rapport à la plupart des indicateurs mesurés dans ce rapport, ainsi que la chute des IDE et des parts de marchés à l’exportation. Selon le rapport 2015-2016 sur la compétitivité mondiale du Forum Economique Mondial, les principaux facteurs les plus problématiques à l’amélioration du climat des affaires à Madagascar sont entre autres: l’instabilité politique, l’accès au financement, la corruption, l’inadéquate fourniture en infrastructures, l’insécurité, les niveaux de taxation élevés, les lois et règlements et une main d’œuvre peu formée.
La deuxième contrainte majeure, d’après les mêmes informations, est relative à la baisse drastique de l’investissement public et privé au cours de la dernière décennie. La baisse de l’investissement public provient des difficultés de mobilisation des ressources internes et du gel de l’aide extérieure durant la crise politique.
En ce qui concerne l’investissement privé, le niveau du crédit bancaire à l’économie demeure faible par rapport aux pays comparables, ce qui limite l’investissement privé national , tandis que les IDE sont freinés par la forte volatilité liée au climat politique .
Le déficit en infrastructures représente la troisième contrainte majeure au développement du secteur privé et à l’accélération de la croissance. En matière de transport routier, la densité du réseau national est de 9 km/km² à Madagascar, contre une moyenne de 35 km/km² en Afrique Sud saharienne et les routes en bon état ne représentaient que 10% de l’ensemble du réseau routier existant en 2013 (selon le PND). Le secteur des infrastructures en général à Madagascar nécessite donc des investissements massifs qui sont hors de portée du Gouvernement.
Il s’ensuit que Madagascar est l’un des pays les plus pauvres au Monde. Environ quatre cinquièmes de la population vivaient dans la pauvreté extrême…Et selon toute attente, Madagascar n’atteindra aucun des objectifs du millénaire pour le développement. Cette situation est le résultat, entre autres, d’un manque d’investissements dans les infrastructures en milieu rural pour améliorer les conditions de vies des pauvres, principalement les agriculteurs souvent exposés aux chocs naturels. Avec l’appui des bailleurs de fonds, les autorités se sont engagées, à travers le plan national de développement, à améliorer les conditions de vie des populations.
L’accélération de la relance de l’économie malgache pour assurer une croissance soutenue à même d’inverser la détérioration des indicateurs sociaux reste un défi important à moyen terme. Les efforts de reprise économique entamée en 2014 n’ont pas été maintenus en 2015, en raison de plusieurs facteurs, tant nationaux qu’internationaux. En 2015, des pluies torrentielles ont entraîné le déplacement de 39 000 personnes dans les hautes terres, tandis que dans le sud du pays, 200 000 autres personnes ont eu besoin d’aide alimentaire en raison d’une sécheresse prolongée. Cette situation a contribué à aggraver les conditions de vie des malgaches. Face à cette situation, la relance de l’économie est impérative pour réduire la pauvreté. Ceci requiert une augmentation des investissements publics en capital physique, humain et institutionnel ainsi qu’un meilleur appui au secteur privé, notamment à travers l’apurement des en cours d’arriérés existants et l’arrêt de l’accumulation de nouveaux arriérés, et l’amélioration du cadre juridique régissant les PPP afin d’attirer des financements additionnels dans les infrastructures. (Voir article ci-contre)