Le 10 mai 2016, dans le cadre de la célébration de la Journée de l’Europe à Ivandry, Marc Ravalomanana a agressé verbalement le Ministre des Finances et du Budget Gervais Rakotoarimanana à propos des sommes colossales dues par l’Etat au Groupe Tiko. Le Ministre a répliqué à l’ancien Chef de l’Etat en lui demandant de régler ses arriérés fiscaux exorbitants. Cet incident, qui s’est déroulé devant plusieurs hautes personnalités malgaches et étrangères, est intéressant pour plusieurs raisons.
Pour les partisans de Marc Ravalomanana, l’ancien Chef de l’Etat a eu raison d’exprimer publiquement sa rancœur. Ils aiment son côté direct et sa façon de ne pas prendre des gants. Ce sont les marques de fabrique de leur leader. Pour les zélateurs du régime, Gervais Rakotoarimanana a eu raison de répondre au tac au tac à Marc Ravalomanana. Même si ce dernier est un ex-Chef d’Etat, son statut ne l’autorise pas à se montrer impoli vis-à-vis d’un ministre en exercice, surtout en public. Son manque de savoir-vivre ne l’honore pas.
Sur la forme, Marc Ravalomanana est coutumier de ce genre de réactions primaires. Il nous l’a prouvé avant, pendant et après son mandat présidentiel. Insensible au ridicule, avec ou sans le nez rempli de farine, l’ancien laitier s’exprime comme il veut et comme il peut. Sur le fond, le régime ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Hery Rajaonarimampianina a choisi d’amnistier tacitement Marc Ravalomanana. Il doit en accepter toutes les conséquences et en payer le prix.
Toujours sur le fond, la querelle entre Marc Ravalomanana et Rivo Rakotovao puis Gervais Rakotoarimanana démontre que les comptes sont loin d’être soldés entre le fondateur du Groupe Tiko et le régime actuel. Des promesses de part et d’autre n’ont pas été tenues. Comment pouvait-il en être autrement en sachant que ni Marc Ravalomanana ni Hery Rajaonarimampianina ne sont des hommes de parole ? Le règlement de comptes ne fait que commencer.
Après avoir invectivé publiquement les ministres Rivo Rakotovao et Gervais Rakotoarimanana, l’ancien Chef de l’Etat sait que rien ni personne ne peut lui barrer la route. Il pourra même réitérer son exploit. S’il a osé le faire une première fois et une seconde fois, il le fera une troisième fois puis une quatrième fois. Marc Ravalomanana a sans doute raison parce que le régime ne mérite aucun respect. En jouant la carte de la provocation, le bougre est apparu presque sympathique.
Phil de Fer
