«Mauvaise gouvernance et corruption », une fois de plus, de la bouche d’un représentant diplomatique à Madagascar, ces mots qui sont les maux de Madagascar et que les citoyens vivent tous les jours ont été énoncés comme étant les « soucis de Madagascar ». Depuis des années il est des mots qui sonnent désormais creux à l’oreille de la population malgache tant elle l’entend et elle ne voit pas l’effectivité. Il en est ainsi de la démocratie, de l’Etat de droit, de la bonne gouvernance, de la lutte contre la corruption. La démocratie, elle aurait vaguement pu avoir une idée lors des élections mais elle se rend compte à quel point c’est dévoyé dans la mesure où non seulement ses choix sont transformés à coup de bourrage d’urnes, de grosse panne généralisée de l’électricité, de menace sur les électeurs, d’infantilisation des électeurs mais en plus on lui a parlé de « place de la démocratie » alors qu’il ne se passe rien sur cette place sinon le bruit des bombes lacrymogènes et un parc pour enfants il eût un temps. Alors, démocratie, la population ne peut pas la connaître. L’Etat de droit, elle l’entend par moment exclusivement lorsque les dirigeants tout en violant impunément les lois, les dirigeants tout en se mettant au-dessus des lois lui rappellent qu’elle doit respecter strictement les lois. En effet, on menace à cette population l’application des lois si jamais elle s’amuse à vendre là où c’est interdit par exemple, mais elle constate que lorsque des tenants du pouvoir ou ceux qui gravitent autour violent impunément les lois en vigueur et que quelqu’un essaie de faire exécuter les lois en vigueur, le Premier Ministre Ravelonarivo en a fait, l’Etat de droit devient juste une formule magique bonne pour la population et non pour les dirigeants. La bonne gouvernance, elle ne l’a jamais connu, elle a toujours vécu dans un pays que l’on dit riche mais où la majorité de la population est pauvre et une petite minorité riche, très riche, immensément riche. Alors, la bonne gouvernance c’est dans la stratosphère que ça se passe pour elle. La lutte contre la corruption, elle ne la voit pas, par contre ce qu’est la corruption, ça elle connaît. La corruption sous toutes ses formes : petite-moyenne-grande. De l’agent de la circulation qui demande un petit billet aux containers de bois de rose qui arrivent à sortir du pays on ne sait comment mais interceptés ailleurs sans aucun responsable. Aussi, ce que la population malgache voit tous les jours ce sont les dépenses inconsidérées des tenants du pouvoir dans des voyages, des achats de voitures, des indemnités pour ne rien faire. Ce que la population entend tous les jours ce sont ces effets d’annonce de lutte contre la corruption couplés avec les impunités des mêmes dirigeants ou de leurs entourages. Si bien que lorsque l’Ambassadeur de l’UE énonce comme soucis de Madagascar « la mauvaise gouvernance et la corruption », quand l’ambassadeur des Etats-Unis pointe du doigt le manque de volonté dans la lutte contre le trafic de bois de rose à l’instar du si protégé Bekasy, quand le Doyen des corps diplomatique avait sollicité des dirigeants malgaches qu’ils cessent de tout attendre et de tout mettre sur le dos de la communauté internationale mais de chercher la solution en eux à commencer par ces fameux « mots », la population s’est juste dit que décidément les dirigeants soit ils sont sourds, soit ils ont perdu toute honte, mais en tout cas se faire remonter les bretelles ainsi par ceux auprès de qui ils quémandent jour et nuit, il y a de quoi se poser sérieusement des questions.

Anaïs T.