Mohammed Amar, ambassadeur du Maroc et doyen du corps diplomatique, a fait hier une intervention brève mais remarquée devant Ban Ki-Moon. C’était à l’hôtel Carlton, lors du petit déjeuner offert par le secrétaire général de l’Onu aux membres des institutions malgaches ainsi qu’aux représentants diplomatiques et consulaires. Dans son discours, Mohammed Amar s’est posé en avocat de Madagascar et a fait une vibrante plaidoirie pour la cause de la Grande Ile. Voici un passage de son allocution : « Madagacar attend et mérite largement que les décideurs des Nations Unies examinent avec plus de bienveillance les requêtes émanant des autorités malgaches. Nous lançons un appel aux Nations Unies afin que davantage de ressources financières soient mises à la disposition de la Grande Ile ».

Nous apprenons qu’au terme de la séance du Carlton, les plus hautes autorités malgaches ont adressé à l’ambassadeur du Maroc leurs remerciements les plus sincères. Il est vrai que dans les discours prononcés par les officiels malgaches, il était plutôt déplacé de tendre la main et de solliciter de vive voix la générosité des Nations Unies. Raison pour laquelle l’intercession de Mohammed Amar fut appréciée et saluée par les autorités malgaches. En fait, au bout de dix ans de présence chez nous, ce doyen du corps diplomatique s’est découvert une sympathie spontanée pour la Grande Ile. Il n’a donc pas eu à forcer sa nature pour militer en faveur de Madagascar devant le n°1 des Nations Unies.

Notons qu’actuellement, le roi du Maroc et les autorités marocaines en général sont en froid avec Ban Ki-Moon. En effet, en mars dernier, ce dernier s’est rendu dans le camp des réfugiés de Tindouf, dans le Sahara. Ban Ki-Moon s’est incliné devant le drapeau des indépendantistes du Sahara marocain et a semblé prendre le parti de ces derniers. D’où la colère des autorités marocaines qui ont dénoncé la partialité de Ban Ki-Moon et ses agissements pour « porter atteinte aux droits historiques du Maroc sur le Sahara ».

Rappelons qu’en 1975, après le retrait de l’Espagne de son territoire saharien, le Maroc s’est approprié ce « no man’s land ». Lors de la visite de Ban Ki-Moon dans l’île, Mohammed Amar n’a rien laissé paraître de la brouille et a assumé avec dignité sa charge de doyen du corps diplomatique à Madagascar. Le commentaire laconique de ce diplomate sur sa prestation honorable : « Je n’ai jamais été et je ne serai jamais discourtois à l’endroit des autorités malgaches que je respecte ».

  1. R.