Le Premier Ministre Britannique David Cameron a récemment déclaré que l’Afghanistan et le Nigéria sont « fantastiquement corrompus ». Ses propos sont certainement fondés mais David Cameron a omis de citer Madagascar où la corruption sévit à tous les niveaux. Il est cordialement invité à constater l’étendue et la profondeur du fléau dans la Grande Ile. A Madagascar, la corruption permet d’acheter un certificat médical, un permis de conduire, une carte d’identité, un diplôme universitaire, un avancement, un grade, un certificat de transport aérien et même…un poste ministériel. Elle permet d’obtenir son compteur d’électricité et son permis de construire plus rapidement que son voisin. Elle permet de payer moins d’impôts et de droits douaniers que son concurrent. Elle permet de se livrer, en toute impunité, aux trafics de stupéfiants, de tortues et de bois de rose. La corruption permet de truquer les élections et d’acheter la conscience d’un parlementaire. Elle permet de déposséder les honnêtes gens de leurs terres et de remporter d’importants marchés publics. Elle permet même aux auteurs et complices de crimes d’échapper à la garde à vue et à la prison. Bref, la corruption permet de tout obtenir, y compris la respectabilité. Toutefois, la corruption ne permet pas d’acheter la tranquillité d’esprit. Avec cette corruption omniprésente qui passerait presque comme une pratique normale, il n’est pas étonnant que les malgaches soient majoritairement pauvres mais aussi en colère contre une classe politique fantastiquement coupable.
Folojaona
