La préfecture de police n’a finalement pas résisté au son de la sirène. Celui d’interdire les manifestations à caractère hostile à l’ordre établi, est un leitmotiv archi-connu, au nom du sacro-saint pacte de responsabilité que les tenants du pouvoir n’ont de cesse de ressasser, avec une peur au ventre, il est vrai! Que la préfecture ait choisi le même procédé, n’étonne guère plus. Il reste que la décision d’interdire la célébration du 13 Mai pêche beaucoup par l’ubuesque. Elle revêt la négation d’un des droits inaliénables du peuple qui est la liberté d’expression. Manifestation ou pas. C’est comme si le préfet se souciait comme d’une guigne du mal misère récurrente qui est en train d’atteindre jusque dans les strates les plus profondes de la société. Mal-être, foyers de tension, sous-développement, insécurité. On en passe sur un mal qui va gangrénant auquel le peuple tend à réagir à la foire à l’encan d’un système muré par le népotisme et le clientélisme de tous bords.

C’est cette lutte qui rappelle le 13 mai. La recherche ineffable du changement qui a conduit à tous les bouleversements. C’est cette force qui est de tout temps en veille et qui fait l’âme de la nation malgache. Du Menalamba, en passant par l’indépendance, le mouvement estudiantin de mai 1972, on épilogue à l’envi sur la puissance d’éveil du peuple bien malagasy. Faut-il s’en plaindre ou en pleurer ? Tous les anthropologues, historiens ont rivalisé de thèses, voire d’ingéniosité, pour essayer de cadrer cette expansion du Moi, de l’identité bien malgache. Un souffle nationaliste dit-on. C’est ce peuple qui s’était mû et a donné un changement impulsif au cours de l’histoire. Preuve s’il en est que le peuple malgache a ses désirs indicibles de changements, les mouvements 1972, 1991 voire 2009 consacrent et figurent de véritables mouvements de masse, la recherche, comme on dit, du grand chambardement.

« Ento miakatra ity firenena ity » avait clamé haut et

fort le tribun nationaliste Andriamanjato Richard dans son idéologie de développement axée sur l’instillation des

Forces Vives.

Qui a dit que tout cela n’était que du vent ? Le fruste entendement de celui ou ceux qui n’arrivait pas à placer ses billes dans le mécanisme d’état ? Des coups d’état à peine qu’il faille coûte que coûte circonvenir ? Des années plus tard, le peuple malgache est toujours à cette soif de changement, à la case départ. Si le secrétaire général des Nations Unies a fait une visite-éclair, pas plus tard que ces deux derniers jours et curieusement un mois de Mai, c’est qu’effectivement il y a anguille sous roche dans ce qu’il est convenu d’appeler quête d’un hypothétique développement. On ne sait pas si le pouvoir a capté le message. Ou au contraire va-t-il se murer comme les régimes successifs défaillants dans ses politiques de courte vue. Les tenants du pouvoir, la forfanterie faite verbe et dont l’intelligence fait muscle, ont toujours opté pour la dissuasion dans n’importe quel mouvement. Des généraux se sont d’ailleurs illustrés en la matière, s’affublant de nouveau titre genre Gal Bombe pour certains, Pyromanes pour d’autres. C’est comme si c’était en tout cas un bien grand honneur de se prévaloir de ses propres turpitudes. Ce que disant, voir le Gal Florens sortir de ses gonds, ce Vendredi 13 mai, ne relèverait donc plus d’une simple vue de l’esprit. C’est plus qu’acquis. Gare à celui qui veut rééditer la marche du sénateur Lylison. Celui-là sera servi à bras raccourcis. Vite fait, bien fait. Quand on sait que ces messieurs qui nous gouvernent excellent dans l’art de mater les esprits, il est grand temps pour les opposants de trouver une autre stratégie. Le dépôt de gerbes est diantrement interdit. Pauvre de nous. Pleure mon pays, mon beau peuple. Que ceux qui ont projeté de faire du vendredi 13 mai un exutoire pour conférer sur les milles et une aspiration d’une ravalent leur caquet. Il n’y aura pas de marge de manœuvres pour les militants bien accrochés. Vous êtes syndicalistes ou employés de Air Mad, fraîchement émoulus du dernier licenciement de la compagnie ou à tout le moins, victimes des mesures iniques sur les récentes expropriations ? Le mot d’ordre est simple.

Laissez la Place à monsieur Gourdin !

Ampingaratse