Les autorités malgaches sont pressées de brader Air Madagascar, après l’avoir dépouillée. C’est pourquoi, elles accélèrent le processus de privatisation. Cette précipitation est liée à la mise en œuvre de la libéralisation de l’espace aérien (Open Sky) qui est exigée par les bailleurs de fonds et qui apportera une augmentation conséquente des redevances nécessaires aux travaux d’extension et de réhabilitation des aéroports d’Antananarivo et Nosy-Be. La privatisation n’est pas une mauvaise chose en soi mais elle se prépare. Le problème est que cette initiative n’a pas fait l’objet d’une concertation avec les syndicats et le personnel. Les droits des salariés, en tant que personnel exécutant et en qualité d’actionnaires minoritaires, ont été bafoués. Les parlementaires n’ont même pas été consultés au préalable au sujet de la mise en vente de cette compagnie nationale stratégique. Dans le cadre de cette privatisation, l’Etat malgache a mis en vente ses actions. Cependant, ses titres ne valent rien, en raison des dettes abyssales. Par conséquent, la privatisation d’Air Madagascar n’apportera même pas d’argent frais à l’Etat. Elle lui permettra juste de cesser de combler le puits sans fond constitué par les subventions exorbitantes. La privatisation de la compagnie aérienne nationale est le résultat de décennies de mauvaise gestion. Le personnel d’Air Madagascar n’est pas responsable de la gabegie mais c’est lui qui va payer le prix fort. Par conséquent, il faut s’attendre à une grève justifiée d’une ampleur sans précédent. Cette privatisation en catimini d’Air Madagascar laisse présager que la Jirama connaîtra le même sort.
M. GASPARD
