La concurrence déloyale est l’une des contraintes majeures auxquelles l’industrie locale fait face. Hier à Ankorondrano lors du café thématique du Syndicat des industries de Madagascar (SIM), le Centre d’appui à la technologie et l’innovation ou CATI Madagascar institué au sein du Centre d’information et de documentation technique et scientifique (CIDST) a expliqué les tenants et aboutissants des multiples avantages des actifs en propriété industrielle. La responsable du centre, Irène Rabarison a focalisé son exposé sur la propriété industrielle comme étant un outil contre la concurrence déloyale et un actif pour le développement des activités industrielles. A cet effet, elle a énuméré et expliqué les différentes formes que pourrait prendre la concurrence déloyale dans le domaine de la propriété industrielle. Citons la confusion que le concurrent peut créer sur une marque. Si on prend l’exemple de la marque Adidas, un concurrent pourrait lancer des produits Adibas. Le mandataire en propriété industrielle, Faneva Rakotomanana a souligné qu’en matière de confusion, il est question d’identifier les ressemblances et non les différences.

Dernièrement, une industrie installée à Madagascar a vu sa marque utilisée par des importateurs. Si elle a uniquement enregistré cette marque à Madagascar, elle est seulement protégée sur le territoire malagasy. Si elle l’a fait dans d’autres pays où des concurrents utilisent cette marque, elle peut les attaquer en justice. La responsable de CATI conseille ainsi les industriels à enregistrer d’abord leurs marques dans les pays où ils comptent exporter. Des unités comme Dzama ont procédé de la sorte. Cette industrie des boissons ne risque pas de rencontrer des problèmes de contrefaçon dans des pays comme les Etats-Unis. La concurrence déloyale pourrait également prendre la forme de détournement de clientèle, de divulgation de secrets d’affaires et de listes de clientèle par un salarié qui quitte son employeur pour un autre. Il se peut aussi qu’un concurrent communique des informations mensongères afin d’induire en erreur les clients. Sinon, le café thématique d’hier a permis aux industriels de bénéficier de conseils sur l’enregistrement de marques, un des moyens pour faire face à la concurrence déloyale.

Certes, le pays affiche encore des lacunes en matière de cadre légal régissant la propriété industrielle, mais les textes en vigueur permettent de travailler. Mieux, ils ont des bonnes bases positionnant Madagascar parmi les pays très en avance en Afrique concernant la propriété industrielle. Malgré tout, un projet de loi est en cours pour combler les lacunes. Car si des produits comportent, par exemple, sur leur emballage l’inscription synonyme de « copyright » ou de « trade mark » ou encore « register », elle ne signifie rien à Madagascar faute de texte… A titre de rappel, la propriété industrielle est encore un nouveau concept sur la Grande Ile. Elle date du milieu des années 90, alors que dans des pays comme le Japon, elle a vu le jour depuis plus d’un siècle.

Fanjanarivo