Déniché par le Centre d’appui à la technologie et l’innovation (CATI Madagascar), l’inventeur malagasy de l’électricité obtenue à partir de l’eau de mer a mis au point une batterie à recharger tous les 2 mois avec de l’eau de mer. Hier, une brève présentation au café thématique du Syndicat des industries de Madagascar (SIM) a fait de savoir que cette invention permet d’obtenir de l’électricité grâce à la corrosion naturelle des métaux avec l’eau de mer. Cette invention s’inscrit dans un contexte marqué par la crise énergétique du pays et par la transition énergétique, c'est-à-dire la migration vers les énergies propres et renouvelables. Et quand on sait que Madagascar dispose de plus de 5 400 km de côtes où une bonne partie de la population est installée, l’électricité à partir de l’eau de mer ne peut qu’être intéressante. De plus, elle pourrait raccorder les zones enclavées en matière d’électricité, c'est-à-dire non connectées au réseau de la Jirama. De plus, l’inventeur a déjà élaboré un prototype de batterie. Et depuis quelque temps, des Chinois commencent à lui tourner autour pour d’éventuels partenariats.
Une telle invention ne devrait-elle pas être entièrement exploitée par les Malagasy, d’autant plus que l’innovation, le savoir-faire et les matières premières sont d’origine locale ? Concernant CATI Madagascar institué au sein du Centre d’information et de documentation scientifique et technique (CIDST), il fait auprès des centres de recherche et des entreprises la promotion de la propriété industrielle incluant les brevets issus des inventions et innovations. Le coordonnateur du réseau CATI Madagascar et directeur du CIDST, Marie Laure Rakotoarivelo invite ainsi les industriels et les centres de recherche à travailler ensemble pour exploiter les inventions et innovations ainsi que les brevets d’invention, surtout les brevets déjà tombés dans le domaine public. Et il y en a des millions et des millions. L’exploitation des brevets constitue des actifs en propriété industrielle pour l’entreprise. Elle crée de la valeur ajoutée et donc de la richesse. Elle permet à l’entreprise d’avoir de la notoriété et de la crédibilité vis-à-vis de ses clients, des partenaires effectifs et potentiels. Elle l’aide à améliorer ses produits et services, de s’ouvrir sur de nouveaux marchés…
Les centres de recherche sont prêts pour travailler avec les entreprises, selon le coordonnateur de CATI Madagascar, d’autant plus que le pays dispose déjà d’une stratégie nationale de recherche élaborée en 2013 par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Particulièrement pour le CIDST, il organise tous les ans un événement TIC baptisé Science hack day. Il offre à des jeunes et des inventeurs d’élaborer des projets innovants en 48h. De nombreux projets issus de cet événement annuel peuvent être exploités par le secteur privé. Le coordonnateur de CATI invite les entreprises à jeter un œil sur ces inventions. Elle cite, entre autres, l’utilisation du son pour la lutte antiacridienne ou la sécurité, la consultation médicale à distance… L’exploitation des innovations est génératrice de richesses et de notoriété et les cas de quelques entreprises présentées au café thématique le prouvent. La responsable de CATI, Irène Rabarison cite l’exemple de la coopérative marocaine Amal qui dispose de nombreux actifs en propriété industrielle sur l’huile d’argan et enregistrés aux Etats-Unis et dans l’Union européenne. Il y a aussi l’entreprise japonaise Takasago, détenteur de 212 brevets enregistrés à Madagascar. Ces brevets portent sur la production d’essences de fruits, la distillation et l’extraction de vanilline. Cette entreprise travaille à Madagascar en joint-venture avec un groupe malagasy.
Fanjanarivo