Il m’est vraiment navrant actuellement de subir les avanies de la société malgache surtout dans les échanges commerciaux. Comment qualifierons-nous ce milieu où nous sommes jugés continuellement selon nos aspects extérieurs qui font en sorte que les prix des choses se font à la tête du client ?

Cette tendance auparavant toléré par les usagers des taxis ville, est entrain de gagner du terrain dans tout commerce, et le plus dangereux est que cette pratique est aujourd’hui de mise dans les épiceries dans lesquelles les prix ne sont plus affichés.  Le commerçant devenu spécialiste de l’identification d’un client ou d’une cliente détaille votre tenue, vos attitudes et comportements, et arrive plus ou moins à situer votre hiérarchie sociale ainsi que votre possibilité financière et annonce en conséquence le prix qui vous sied. Il est à savoir que bon nombre de ces commerces actuels, évoluent sous le régime d’épi-bar c'est-à-dire qu’ils sont à la fois une épicerie et un bar qui vend des boissons alcoolisés au même endroit, comme les prix diffèrent selon le genre de client, on ne sait jamais quels prix ils vont appliquer à ce visiteur (SIC). Cette pratique assurée de l’impunité car bénéficiant du laxisme des dirigeants étatiques qui se sont succédés au pouvoir, qui ont autorisé ce mode  commercial sans penser aux conséquences négatives de celui-ci, mettant en danger l’entente sociétale (familles, amis, collègues et autres) perturbée par le doute, quand on envoie un membre faire des achats pour le groupe dans ces attrapes- nigauds. Leur  capacité à déterminer vos origines sociales qui se fait en un temps record sans que cela ne soit apparent, est vraiment ahurissante et tellement choquante qu’elle nous pousse dans nos derniers retranchements sous forme de rejet en évitant de faire nos petites emplettes dans les épiceries malgaches autant que possible.  Eh oui ! Les victimes de ces prix abusifs qui sont généralement loin d’être bête, évitent ce genre de pratique commerciale en allant se ravitailler désormais dans les grandes surfaces étrangères, chez le chinois ou chez l’indien du coin, là où les prix sont affichés sur les étagères, et surtout là où on évite d’être évalué, soupesé, identifié comme du bétail pas les vendeurs.

A partir de ces constats, on est loin sinon très loin de ce qu’on appelle nation évoluée. Comme dans la plupart des achats et ventes entre malgaches, aucune facturation n’existe, donc aucune traçabilité des produits n’est possible sur des milliards d’échanges commerciaux informels ou formels qui se font  journalièrement, faisant perdre à l’Etat des centaines de milliards d’ariary de manque à gagner sur les taxes.

Il est temps de réguler le milieu du petit commerce à Madagascar…En tant que Sentinelle de la vie publique, il s’agit de sensibiliser les instances de tutelle sur la dégradation de ces échanges commerciaux et d’y apporter des solutions.

- En donnant aux fokontany  le droit et le devoir de contrôler ces unités professionnelles commerciales pour qu’elles affichent  tous les produits en vente dans leurs établissements, afin de lutter contre la discrimination sociale.

- En supprimant la licence des épi-bars responsables de beaucoup d’abus commerciaux et de dépravation d’une jeunesse qui croyant aller dans une épicerie se trouve aussi dans un bar, et de ce fait c’est à travers ces endroits que les jeunes découvrent et se  familiarisent avec l’alcool et les alcooliques. Pour éviter l’amalgame de ces commerces il faut les scinder en deux établissements bien distincts dont l’un sera interdit aux enfant.

- En créant un endroit propre pour l’étal de produits maraîchers, ce qui revient à interdire leurs ventes en dehors de ce lieu. Comme il est utopiste d’imposer ou de demander une facture à ces vendeurs  généralement illettrés, la jouissance d’un marché leur sera par contre payant.

Max Randriantefy