La hiérarchie militaire, jusqu’au président de la République, chef suprême des Armées, n’est peut-être plus respectée par les officiers de l’Armée et de la Gendarmerie. On s’en est rendu compte jeudi au CC Ivato, lors de la cérémonie de passation entre le nouveau et l’ancien chef d’état-major général de l’Armée. Alors que le président Hery Rajaonarimampianina allait prendre la parole, les dizaines d’officiers présents dans la salle n’ont pas daigné mettre une sourdine à leurs conversations. Malgré les injonctions au silence lancées par le nouveau chef d’état-major, le général Lantoarinjaka Razafindrakoto les dizaines de galonnés ont feint d’ignorer l’ordre, discutant avec ardeur, bavardant avec excitation, se tapant sur les épaules et riant ouvertement aux éclats. Les velléités du chef d’état-major de ramener le calme furent d’ailleurs noyées dans cette bruyante cacophonie. Se rendant compte peut-être qu’ils étaient  allés trop loin dans ce vacarme intentionnel, les officiers ont mis un terme au tapage et le silence est revenu comme par enchantement dans la salle.

Constat : les officiers de l’Armée ont une dent contre le chef suprême des Armées et ont ostensiblement entravé son discours pendant un certain temps. Un chef d’Etat qui ne sévit pas contre les corrompus de son entourage, et qui n’avantage que les officiers répressifs du centre-ville ne peut avoir la sympathie unanime des gradés de l’Armée.

                  A.R