Hier 13 mai, les autorités ont tout fait pour que la commémoration de la chute de la 1ère République ne tourne à l’émeute, sinon à la chute de l’actuel régime, dirigé par Hery Rajanoanarimampianina. Pas le moindre incident, donc, sur la Place du 13-Mai, bien que l’envie de saisir l’occasion pour renverser le pouvoir ne manque pas au sein de la majorité de la population tananarivienne. Ce n’est que partie remise ? 

D’ailleurs, le discours du secrétaire général de l’ONU, lors de son bref, très bref séjour à Antananarivo, a souligné que la communauté internationale condamnerait un «nouveau coup d’Etat » à Madagascar. Il l’a dit en anglais, afin que les Malgaches ne puissent pas comprendre ce qu’il a déclaré à ce propos… Néanmoins des téléspectateurs et d’auditeurs, ont tout de suite compris le sens réel de ce discours. Ils vont, peut-être, y penser à l’avenir. Et pas trop tard, SVP ! Normal, si Ban Ki Moon a rigolé sous cape dans son avion, à l’issue de sa courte visite à Antananarivo…

En fait, pourquoi cette communauté dite internationale s’est abstenue de réagir, de condamner la mise à l’écart, pour ne pas dire l’assassinat de Kadhafi, et concernant l’exil forcé de Ben Ali, ancien président de la Tunisie et celui de Moubarak (Egypte), etc. Que dire encore de cette récente destitution de la présidente du Brésil, Dilma Rousseff ? Ce sont tous des coups d’Etat, fomentés, en douce, par Washington,  Paris ou Londres. A propos du remplaçant de Mme Rousseff par un fasciste, les Noirs et les femmes sont éliminés de son gouvernement : c’est un progrès, aux yeux des bailleurs de fonds internationaux.

Qui sait, dans le prochain gouvernement malgache, les Côtiers et les femmes seront aussi écartés par Hery Rajaonarimampianina ? Tout peut arriver, en effet, dans ce régime à la con.

Enfin, si la rédaction a décidé désormais de remplacer le titre de cette rubrique hebdomadaire par « Le Poing », c’est pour dénoncer les abus de pouvoir, la corruption, le laxisme, la gabegie perpétrés impunément par le pouvoir en place. Non, tout cela n’est plus tolérable. « Le Poing » n’est pas un titre agressif,  revanchard, aucune haine envers quiconque, il est tout simplement destiné à alerter l’opinion, à secouer le cocotier… Principalement, à titiller les autorités responsables qui ignorent que ce pays va à sa perte...

Franck Raharison