Le Parti Freedom fondé par Lalatiana Rakotondrazafy a lancé l’idée d’une nouvelle demande de déchéance du Chef de l’Etat par l’Assemblée Nationale. Il convient de saluer cette initiative respectueuse de la légalité et de l’approfondir. On ne répètera jamais assez que le limogeage, déguisé en démission, de Jean Ravelonarivo constitue une atteinte à l’article 54 de la Loi Fondamentale. Cette disposition constitutionnelle a été violée une seconde fois dans la foulée avec la nomination imposée par le Président de la République d’Olivier Mahafaly au poste de Premier Ministre. Comme si cela ne suffisait pas, avant cela, le Chef de l’Etat a porté atteinte au principe de séparation des pouvoirs prévu au Préambule et à l’article 163 de la Constitution, en désignant unilatéralement le Président du Sénat parmi les sénateurs issus de son quota. Les atteintes à la Loi Fondamentale sont devenues une habitude du régime. En effet, en violation de l’article 167 de la Constitution, Hery Rajaonarimampianina n’a toujours pas mis en place la Haute Cour de Justice, alors que cette carence avait été un des motifs de la précédente mise en accusation. Ne confirme t-il pas ainsi son mépris du peuple et de ses représentants ? Enfin, en ne revendiquant pas les Iles Eparses, le Chef de l’Etat s’est rendu coupable de haute trahison et a violé son obligation de garantir l’intégrité du territoire, au mépris de l’article 4 alinéa 3 de la Constitution. De ce qui précède, il est évident que les motifs de mise en accusation du Chef de l’Etat pour aboutir à sa déchéance ne manquent pas. Par contre, le mode opératoire est une toute autre chose car la loi des mallettes semble plus efficace et respectée que la Loi Fondamentale. Cependant, la stratégie des mallettes est forcément limitée. Les députés finiront par craindre le mécontentement croissant du peuple.
M. GASPARD
