Dans notre éditorial d’hier, nous nous sommes demandés pourquoi Voahangy Rajaonarimampianina, première dame, ne s’est pas manifestée lors du deuil cruel qui a frappé des parents d’élèves du lycée privé La Pépite d’Or à Ambohimanarina. Rappelons que suite à l’imprudence et à la négligence d’un chauffeur de taxi-be, six petits élèves de cet établissement ont trouvé la mort près de Mahitsy, au retour d’une excursion dite « classe verte ». Grosse mobilisation chez les établissements privés qui ont démontré à cette occasion la solidarité qui anime ce secteur de l’éducation nationale. Le ministre de tutelle, Paul Rabary, s’est rendu lundi dernier dans l’établissement endeuillé pour soutenir les familles éplorées. Il a par ailleurs monté une opération inconnue auparavant dans l’île : l’envoi d’une cellule psychologique chez La Pépite d’Or pour accompagner ou assister psychologiquement les familles endeuillées, mais aussi tous ceux, parents ou élèves, qui ont été traumatisés par le drame. Il s’agit d’une première à Madagascar, mais l’initiative est courante à l’étranger lors de catastrophes et notamment lors d’attentats terroristes.

Pourquoi Voahangy Rajaonarimampianina n’a fait aucun geste à l’endroit des familles éplorées et de l’école La Pépite d’Or en général ? Peut-être car elle sait que cet établissement appartient à la famille de Marc Ravalomanana. En effet, la Pépite d’Or a été fondée à Antaninandro par Daniel Rabarimanana, frère de Marc Ravalomanana. L’établissement a ensuite créé une annexe à Ambohimanarina, laquelle a été frappée par le tragique accident de Mahitsy. On se souvient que lors du décès de Daniel Rabarimanana en 2005, tout le périmètre d’Antaninandro a été bouclé et interdit à la circulation, notamment car le chef d’Etat Marc Ravalomanana siégeait au domicile du défunt pour recueillir les condoléances. La Pépite d’Or est aujourd’hui dirigée par la veuve de Daniel Rabarimanana. Bref, Voahangy Rajaonarimampianina se renseigne peut-être avant de procéder à des opérations sociales. Son cabinet, qui fonctionne avec l’argent public, ne gratifie que les personnes ou établissements politiquement sûrs. La Pépite d’Or, appartenant à une famille « suspecte », n’a pas droit à sa générosité…                                          

A.R