Le régime met en lice l’administrateur civil, Paolo Raolinarivo, pour intimider un autre administrateur civil, Maharavo Ratolojanahary. Ce dernier, en raison de ses propos hostiles au pouvoir a été écarté de toute fonction administrative, mais touche encore son salaire. Membre du comité dirigeant de la centrale syndicale Afo, il compte parmi ceux qui intentent une action devant le Bianco pour « délit de corruption de dirigeants ». Orateur percutant et opposant audacieux, Maharavo Ratolojanahary est actuellement l’administrateur civil qui monte. Selon Paolo Raolinarivo (qui n’a pas cité de nom mais dont les propos sont transparents), Maharavo Ratolojanahary sera traduit en justice s’il continue de militer pour l’opposition. Le chef d’inculpation : usurpation de titre.

On reproche à l’administrateur civil insolent de ne pas militer au sein du Synad (Syndicat des Administrateurs civils), syndicat qui se couche devant le régime depuis la promotion du membre le plus illustre de la corporation : Mahafaly Olivier. Et de militer pour les « forces de destruction » (l’opposition) au lieu de seconder docilement le pouvoir en place. En fait, Maharavo Ratolojanahary bénéficie de tous les droits accordés aux citoyens par la Constitution. Par exemple, le droit syndical qui lui permet d’abord d’adhérer au syndicat de son choix. Ensuite, de monter une centrale syndicale, n’importe laquelle, censée être plus apte à défendre ses intérêts.

Apparemment, Paolo Raolinarivo, ancien sous-préfet de Betroka est poussé par les « dames d’Iavoloha », lesquelles en ont assez de ceux qui entravent leur « business ». Notons, en effet, que Maharavo Ratolojanahary dénonce avec bruit les agissements de Claudine Razaimamonjy, l’amie intime du couple Rajaonarimampianina qui s’adjuge d’énormes marchés fictifs en pays Betsileo, notamment dans le district d’Ambalavao. Jouant sur la fibre tribale pour parvenir à ses fins, Claudine Razaimamonjy traite l’opposant Maharavo Ratolojanahary d’être la honte des Betsileo…

  1. R.