Contre toute attente et contrairement à ce que l'on pouvait entendre sur une soi-disant défection de partenaires techniques suite notamment au changement de dénomination du ministère en charge du travail, une délégation forte du BIT est venue rendre visite, l’autre jour, au ministre Maharante Jean de Dieu. Il s'agit d'une prise de contact afin d'essayer de trouver ensemble les modalités de mise en effectivité des programmes dont l'OIT s'est fait fort de réaliser dans l'optique bien comprise de la formalisation du secteur informel en parlant justement du marché du travail. Mme Séverin De Boos, Mr Frédéric Lapeyre, respectivement Spécialiste emploi (bureau pays de l'OIT Tana) et Chef d'unité économie informelle (BIT Genève) se sont penchés sur les avantages que pourrait tirer l'état à travers les nouveaux objectifs. Une mission de prospection donc si on reprend les termes des discussions. Il reste que pour Frédéric Lapeyre il n'y a pas de raison pour que Madagascar pèche dans la nouvelle voie. Des pays comme l'Amérique Latine, le Brésil, le Sénégal, etc.ont pris comme pari de réaliser les objectifs de formalisation du secteur informel et sont parvenus à le réduire jusqu'à 15 %. L'expérience s'est avérée payant à travers le choix d'une fiscalité unique imposable aux unités industrielles. Pour Madagascar, on est encore loin du compte même si pour le Directeur du Travail, Paulin, il existe un impôt synthétique, trop lourd pour les petites bourses. Il faut plus. Une politique volontariste s'avère plus que de besoin de l'avis des missionnaires du BIT. Maharante Jean de Dieu y croit, non sans toutefois soulever les conditions précaires dans lesquels s’effectue le travail des inspecteurs du Travail chargé de parler, s'il en est, de la formalisation. Ces derniers sont laissés à leur propre sort, obligés de cavaler comme des dératés, parfois à bicyclette ou moto, c'est selon dixit Maharante Jean de Dieu, pour exécuter des contrôles. Le ministre du Travail pense qu'il faut un projet monté spécialement avec le soutien agissant du BIT pour redorer ce blason. Il faut, toutefois, s'adresser à Mr Gouvernance de l'instance technique, en clair, à Genève si tant est que le Min Fop entend mettre en sur brillance, en effectivité ledit projet. Pour le moment, la mission du BIT s'est campée sur les conseils que le partenaire technique peut proposer dans le cadre bien compris de la formalisation. Prévoyance sociale, pension, travail décent sont autant de vecteurs pouvant arrimer à un tel vœu longtemps mûri. Il n'y a pas de raison pour que l'expérience formalisation ne réussisse pas à Madagascar. Jean Paul Barbier, chef de projet APERP, BIT parle d'un autre volet de projet, un programme français. Une façon parmi tant d'autres de dire que Madagascar ne risque pas de perdre non pas le nord, encore moins Genève au registre des défis lancés sous cette houlette. La preuve. Maharante Jean de Dieu s'envolera pour bientôt dans ladite ville. Il y discutera comme toujours travail. Toujours travail!

Marabe