Un commandant de compagnie de gendarmerie, son adjoint, 5 agents et un policier disparus.

C’est le bilan du côté des forces de l’ordre que le député Mara Niarisy nous rapporte à la suite de la confrontation entre population et « dahalo » dans la région d’Ankazoabo où le parlementaire a été élu.

D’après ce dernier, tout a commencé le vendredi 13 mai dernier quand au petit matin, les « dahalo » attaquent un petit village situé près de Sakaraha (sur le route nationale 7 vers Toliara). Fortement équipés d’armes de guerre, les voleurs de bovidés étaient composés d’environ 80 individus, rapporte le parlementaire. Avec une violence inouïe, ils auraient attaqué le village pour rafler les 70 zébus appartenant au maire. Deux éléments de la Gendarmerie nationale ont perdu la vie durant le cafouillage.

Le dimanche d’après, les forces de l’ordre, la population du village et des environs font le point. Il est conclu que l’attaque vient d’un village pas si loin. Il a été alors décidé d’appliquer le « dinabe » ou pacte de sécurité. D’après le député Niarisy, ce pacte se traduit par les expéditions punitives comme on l’habitude de voir dans les films westerns et dans les bandes dessinées. Environ 600 personnes appuyées par 70 éléments de gendarmerie étaient alors mobilisées pour attaquer le village supposé abriter les « dahalo ». Malheureusement pour eux, l’endroit été vide. L’expédition punitive était en fait tombée dans un piège bien ficelé où un gendarme et deux membres du village victime ont perdu la vie tandis qu’on n’est pas sans nouvelles du commandant de la compagnie de gendarmerie et de ses collègues.

D’après les collègues parlementaires de M. Niriasy, ces scènes de violence ne sont pas exclusives à la région de Sakaraha où l’exploitation de saphir continuent de faire vivre tant bien que mal une frange de la population. C’est pour dire que l’immense pauvreté qui sévit plutôt dans l’Androy (environ 150 km au nord de Sakaraha vers Fort-Dauphin), n’est pas vraiment la cause de ces vols sanglants de bovidés. D’ailleurs, les « dahalo » sévissent aussi dans les régions relativement prospères et pas très loin de la capitale.

Les témoignages sont de plus en plus fréquents en provenance d’Amorin’i Mania et d’Ambatofinandrahana (environ 250 km au sud de la capitale). Dans cette région comme dans le sud profond, les populations s’adonnent de plus en plus à la justice populaire. Un village attaque un autre. On ne sait plus s’il y a encore une justice à Madagascar. On ignore qui fait la loi chez nous.

On feint cependant de croire que c’est l’argent et sa puissance qui dictent tout dans notre pays. Nos bouchers le disent unanimement : la hausse des prix de la viande de bœuf et la guerre dans le sud du pays viennent de l’exportation des bœufs sur pieds. Cela a commencé durant la période d’Andry Rajoelina dont le ministre de l’Elevage de l’époque a ouvert les vannes pour on ne sait combien. Le monsieur revient dans le « gouvernement de combat » pour on ne sait quelle mission. Si c’était pour combattre les trafics d’armes et de bovidés, on aurait compris. Car dans le sud où la guerre sévit littéralement, tout est question d’armes et de bovidés. Les bailleurs de fonds et les organisations onusiennes qui se mobilisent pour éradiquer la famine, le savent-ils ?

D.R.