Le député d’Ikongo (province de Fianarantsoa) Razafitsiandraofa Jean Brunelle, commentant l’interdiction d’entrer sur la Place du 13-Mai et la mobilisation des militaires sur le site vendredi dernier : « De telles choses se sont passées du temps des généraux Pinochet et Franco… ». Cette comparaison avec les pires dictateurs du 20ème siècle n’est pas à l’honneur de l’actuel régime.
Augusto Pinochet régna sur le Chili de 1973 à 1990, après son coup d’Etat dans lequel le président élu Salvador Allende trouva la mort. Le régime autoritaire du général Pinochet multiplia les atteintes aux droits de l’homme, notamment l’enlèvement et l’exécution d’opposants (environ 4000) ainsi que les arrestations suivies de tortures (environ 30 000). Bahamonde Franco surnommé le « Caudillo » gouverna l’Espagne de 1939 à 1975, après sa victoire lors d’une guerre civile particulièrement cruelle. Son régime dictatorial fut également fertile en éliminations d’opposants et en exécutions sommaires. La scène la plus courante sous ces deux tyrans : le sévère quadrillage des rues lors des « manifs » d’opposants, avec profusion de camions et de jeeps militaires, ainsi que les arrestations musclées et les sévices infligés aux opposants… Le réalisateur de cinéma Costa-Gavras a immortalisé ces scènes frappantes dans des films des années 70 devenus légendaires comme « Z », « Etat de siège » et « l’Aveu ».
Député Mapar, Razafitsiandraofa Jean Brunelle est commissaire de Police de son état, et fut le directeur de la Police de l’Air et des Frontières à l’aéroport d’Ivato, avant son entrée à l’Assemblée nationale. Homme d’une certaine culture, il avance ses références historiques quand il en est sûr. Contrairement au général Florens Rakotomahanina et au préfet de Police de Tana-Ville Robert Randriamanjarisoa dont les propos politico-historiques furent battus en brèche ces derniers jours.
A.R