Le Président Rajaonarimampianina a dit récemment que le pays a besoin d’apaisement. Si ce n’est que le sujet est grave, de sa bouche telle déclaration prêterait à rire. De manière générale, le Président Rajaonarimampianina aime dire qu’il est là par la voix des urnes, ce en quoi il n’a pas tort. Il est à la tête du pays non de manière inconstitutionnelle comme son prédécesseur qui a fait un mandat entier sans passer par la voix des urnes mais il ne suffit pas de sortir cette affirmation comme une formule magique car c’est ce que fait Hery Rajaonarimampianina. A l’entendre, le plus important est d’être élu et ça s’arrête là. En effet, il est certainement à la tête du pays à la suite d’élections, peu crédibles certes mais élections quand même, seulement le fait d’avoir été élu ne signifie pas qu’il va passer cinq années à se gargariser en se disant «j’ai été élu » tel un chef de classe à l’école primaire, heureux d’être un chef mais au final qui n’exerce pas véritablement de pouvoir. Dans la mesure où le chef de l’Etat croit qu’il suffit d’avoir été élu pour par la suite ne rien exécuter du tout, il est tout à fait normal que ça ne puisse guère entraîner un apaisement. De plus, lorsque le Président déclare que le pays a besoin d’apaisement, sait-il au moins que c’est autour de lui qu’il faut qu’il exige l’apaisement ? Il lui faut exiger de ses proches, très proches et conseillers de ces derniers un apaisement sur tous les plans. Qu’ils cessent leur appétit de plus en plus grandissant, qu’ils cessent leur comportement d’arrivistes sortis des caniveaux qui découvrent l’émerveillement du luxe des palais et conscients que tout cela ne fait que passer se remplissent les poches, qu’ils cessent de piller le pays et de cultiver l’impunité, qu’ils cessent de se croire indispensables et dotés d’un super pouvoir pour faire la pluie et le beau temps. Le Président n’a pas à exiger de la population malgache l’apaisement, à la limite il n’a rien à exiger de la population malgache dans la mesure où il est sourd et aveugle quant au quotidien de cette population. Preuve en est que si beaucoup ont râlé contre le mauvais état des routes de la capitale, il a fallu que le Président se promène du côté des 67ha pour déclarer qu’il a vu l’état des routes et a donné l’ordre pour la réfection des routes de la capitale. Certainement que son entourage ne fait que lui susurrer des mots doux et ne lui dit que ce qu’il veut entendre si bien que tant qu’il ne sort pas de son palais doré il est incapable de savoir ce que la majorité de population pense effectivement de lui. Etrangement le Président ne voit strictement rien des affaires foireuses de son entourage pour ne citer que celles dont les chancelleries étrangères dénoncent ouvertement. Il devrait d’abord ouvrir les yeux et cesser de se mettre des œillères ; il devrait ensuite bien se laver les oreilles pour entendre les grognements de plus insistants de la population et le peu de respect que les forces armées lui ont manifesté lors de la passation de commandement à Ivato devrait le faire réfléchir ; il devrait enfin avoir un regard juste et honnête sur lui-même, sur sa gouvernance et sur ce qu’il a fait ou n’a pas fait depuis qu’il est là. Le tout n’est pas d’être élu, encore fait-il être à la hauteur de la confiance que le peuple a placé sur soi.    

Anaïs T.