Ban Ki-Moon et les autres soutiennent Hery Rajaonarimampianina parce qu’il a accédé à la Magistrature suprême après un processus électoral initié principalement par la représentante des Nations Unies avec la présidente de la CENI d’alors qui était en même temps conseillère du ministre des Finances Rajaonarimampianina avant de devenir ministre des Affaires étrangères. Lors de sa visite, la semaine dernière, le SG de l’ONU a été clair dans ses discours : la communauté internationale ne peut cautionner la mauvaise gouvernance.
Principal secteur du pays pourvoyeurs de devises, les mines constituent un exemple flagrant de nos relations avec les partenaires techniques et financiers. En 2014, au retour à l’ordre constitutionnel, Madagascar est sorti de la liste noire de l’EITI (Initiative pour la transparence des industries extractives) qui consiste à promouvoir la transparence dans ce secteur. Un an après, la présidente de l’EITI, Clare Short, était venue au pays pour suivre le processus de réintégration de la Grande Ile au sein de l’initiative internationale.
« Il y a une volonté de réformes pour la transparence et la traçabilité dans les industries extractives », avait déclaré lors de cette visite, Mme Short. Malheureusement, on est aujourd’hui loin de passer du statut de « pays candidat » à celui de « pays conforme » à l’EITI. Cela veut dire que Madagascar n’arrive pas à répondre à toutes les normes exigées par l’organisation que sont : la vérification annuelle des paiements effectués par les compagnies extractives à l’État et des recettes encaissées par l’État; la transparence de la gestion des permis miniers et des titres pétroliers; la transparence de la gestion des informations géo-scientifiques; et la transparence de la distribution des revenus issus de l’industrie extractive.
Cette volonté n’est cependant pas matérialisée dans le projet de loi portant code minier. Dans le projet de loi, voilà ce qu’on lit à propos de l’EITI : « Processus Initiative pour la Transparence des Industries Extractives (ITIE ou EITI) » : la mise en œuvre au niveau national de l’ITIE par la communication par le titulaire du permis minier des informations financières, fiscales et administratives concernant ses activités et paiements effectuées aux fins d’établissement du Rapport ITIE du pays ».
Pour les spécialistes du secteur, cette définition donnée en tant que clarification des expressions n’est ni plus ni moins que l’imposition des obligations uniquement aux opérateurs. L’Etat n’aurait donc aucun devoir à montrer comment il a dépensé les redevances et droits reçus du secteur minier. Comment dès lors espérer des investisseurs qui ne se décident que sur la base des conclusions des personnages tels que Ban Ki-Moon ?
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