Les routes sont un facteur de progrès et d’espoir mais elles peuvent être des sources de désespoir. C’est le cas avec les litiges fonciers qui découlent de l’organisation du Sommet de la Francophonie et qui ne font que commencer. Ils résultent des expropriations nécessaires à la construction de nouveaux axes routiers. Les riverains angoissent et fulminent car leur maison, commerce ou tombeau sera rasé. La question des expropriations est trop complexe pour être cernée dans cet article. Toutefois, il est utile de dénoncer les abus. L’article 34 alinéa 1 de la Constitution dispose que « l'Etat garantit le droit à la propriété individuelle. Nul ne peut en être privé sauf par voie d'expropriation pour cause d'utilité publique et moyennant juste et préalable indemnité. » Comme bien d’autres, cette disposition constitutionnelle est régulièrement violée. Dans les faits, l'Etat ne garantit absolument pas le droit à la propriété individuelle et la juste indemnité en cas d’expropriation est une vue de l’esprit. L’Ordonnance n° 62-023 du 19 septembre 1962 précise les étapes longues et rigoureuses de la procédure d’expropriation pour cause d’utilité publique mais elles sont rarement respectées à la lettre par l’Etat qui préfère utiliser la puissance publique au nom de l’urgence. Cela fait deux ans qu’il est confirmé que la capitale malgache accueillera le Sommet de la Francophonie. Pourquoi alors avoir attendu d’être à six mois de l’échéance pour s’affoler et procéder à des expropriations sauvages ? La réponse est connue. Les expropriations pour cause d’utilité publique sont des opportunités de rêve pour permettre à des responsables étatiques de s’enrichir honteusement sur le dos des victimes, avec la complicité de spéculateurs fonciers ou promoteurs immobiliers, souvent indo-pakistanais et toujours bien identifiés. Ces derniers ont compris que les personnes qui s’estiment lésées par une expropriation, même la plus illicite, gesticulent beaucoup au début mais finissent par abandonner le combat. Les spéculateurs/promoteurs vont accaparer tous les terrains longeant les nouvelles routes avant de les revendre à un prix d’or ou ériger des résidences inaccessibles pour le portefeuille du simple mortel.

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