William Shakespeare est mort il y a 400 ans. Pourtant, le contexte politique malgache montre à quel point la pensée du poète et acteur anglais reste vivace et actuelle. Il apparaît presque comme un auteur contemporain. L’œuvre de William Shakespeare est si riche et si dense que nous nous contenterons de rappeler un seul vers par chef d’œuvre.
Dans « Hamlet », William Shakespeare dénonce le fait «qu’il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark ». Replacé dans le contexte malgache, ce vers prend tout son sens, jusqu’à en devenir savoureux. La corruption a gangréné toutes les institutions de la République.
Il faut relire « Macbeth » car William Shakespeare déclare que « un traître est un homme qui jure et qui ment ». Hery Rajaonarimampianina a juré et menti au peuple en trahissant Andry Rajoelina puis Jean Ravelonarivo. Ce dernier a été également trahi par Honoré Rakotomanana.
Parcourons « La Tempête », en effet, William Shakespeare y écrit que « l’enfer est vide. Tous les démons sont ici ». Même les malgaches les plus croyants sont persuadés de cela, compte tenu de la déliquescence de l’Etat et de la recrudescence des crimes et délits. L’enfer, c’est ici et maintenant.
Dans « Le Roi Lear », William Shakespeare déclame que « c'est un malheur du temps que les fous guident les aveugles.» Il faut se rendre à l’évidence que Madagascar est dirigée par des fous. Les malgaches sont frappés de cécité, en ce qu’ils acceptent d’être gouvernés par des individus que le pouvoir a rendu paranoïaques.
Dévorons avec profit « Henry VI », William Shakespeare nous prévient que « la gloire est comme un cercle dans l'onde qui va toujours s'élargissant, jusqu'à ce qu'à force de s'étendre, il finisse par disparaître. » Après avoir pataugé dans la célébrité, nos dirigeants politiques voient leur réputation se dégrader de jour en jour. Pourtant, ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes.
Comme nous venons de le voir, après quatre siècles, les citations du plus grand poète et acteur anglais n’ont pas pris une ride. Si William Shakespeare vivait encore et s’il était de passage à Madagascar, il trouverait les mots justes pour blâmer le fascisme d’Etat grandissant. Il soutiendrait que « le pire est encore à venir » (« Hamlet »).
Phil de Fer
