Que vient faire Hery Rajaonarimampianina à Singapour ? Officiellement pour développer les relations avec le secteur privé de ce dragon asiatique. Un motif qui étonne car l’homme n’a intégré aucun opérateur privé malgache dans sa délégation. La suite présidentielle, forte de vingt membres, ne comprend en effet que des ministres, des conseillers spéciaux et des hauts fonctionnaires. Le chef d’Etat malgache espère peut-être voir les hommes d’affaires de Singapour signer des conventions de partenariat avec ces personnalités officielles…

Sous ce régime, où le mensonge est érigé en institution, le motif avancé n’est certainement que de la poudre aux yeux. Hery Rajaonarimampianina, chuchote-t-on, se rend surtout à Singapour afin d’expliquer la position officielle malgache sur l’affaire des 30 000 rondins de bois de rose saisis. On sait qu’un procès se tiendra bientôt dans ce petit pays d’Asie sur ce dossier qui peut être dévastateur pour le régime malgache. Qui sait, le chef d’Etat malgache souhaite peut-être l’acquittement des prévenus malgaches, et a fait part de ce vœu aux autorités politiques et judiciaires de Singapour. Selon d’autres,  pour faire toute la lumière sur le dossier, la Justice singapourienne a sollicité le témoignage du chef d’Etat malgache.

Hery Rajaonarimampianina a donc peut-être été auditionné par les juges de Singapour. Car dans le dossier, les officiels malgaches cités (comme le ministre Ramparany Anthelme, le Premier ministre Jean Ravelonarivo et le directeur de cabinet du ministre de l’Environnement, Jean-Claude Rabemanantsoa) se contredisent et jettent la confusion sur l’affaire.

Un voyage curieux, donc, où on prétend nouer des liens économiques avec le secteur privé de Singapour avec seulement des hauts fonctionnaires de l’administration. En tout cas, férus de bonne gouvernance et appréciant l’état de droit, les opérateurs de Singapour voient Madagascar d’un   mauvais œil. Notamment à cause de ce trafic de bois de rose que les plus hautes autorités malgaches semblent couvrir…

A.     R.