Suite au communiqué du ministère français des Affaires étrangères qui fait état de la présence du virus du Zika à Madagascar, l’ambassade France s’est excusée publiquement en ces termes : « Nous sommes désolés. L’ambassadeur de France a déjà pris les dispositions nécessaires pour que cette information soit rectifiée… ».
Effectivement, l’Institut Pasteur de Madagascar a indiqué qu’il n’y avait dans l’île « ni cas suspects ni cas confirmés » sur le virus du Zika. Même si l’ambassade de France à Antananarivo s’en défend, la fausse information provient de ses services. Un jour ou l’autre, une telle bourde devait survenir car cette chancellerie se montre trop alarmiste dans les mises en garde adressées à ses ressortissants. Notons les « manifs » du centre-ville, souvent sans envergure réelle, mais lors desquelles l’ambassade recommande aux citoyens français de rester chez eux. Signalons notamment en janvier de l’année dernière le SMS qui déconseillait aux ressortissants français de passer sous les tunnels de la capitale. Motif : risque d’effondrement.
Les Français furent contraints d’emprunter des itinéraires « alternatifs » à flanc de colline, alors que tout un chacun passait sous les tunnels sans désagrément particulier. L’ambassade de France ignorait peut-être un fait : dans les années 20 et 30 (c’est-à-dire sous la colonisation), les deux tunnels de la capitale furent construits par les meilleurs ingénieurs français pour « édifier la population malgache sur le génie technique de la France ». Les deux ouvrages étaient destinés à durer des siècles, et leur architecture en forme de voûte militait en ce sens. En effet, cette forme visait à neutraliser les pressions et poussées exercées par l’énorme masse de terre et de roches, et à résister durablement aux forces de compression « tous azimuts ». Comme on s’en rend compte d’ailleurs, malgré les avertissements lancés par l’ambassade de France, les deux tunnels ne se sont pas effondrés et sont encore appelés à durer des siècles.
L’épisode du Zika devrait inciter l’ambassade de France à plus de discernement. Car ses messages catastrophistes angoissent ses ressortissants à Madagascar, mais poussent aussi les touristes à ne pas se rendre dans l’île. Signalons que le communiqué sur le Zika a incité des chefs d’Etat étrangers à s’interroger sur l’utilité de leur présence au sommet de la Francophonie de novembre prochain…
A. R.