La Grande Ile n’est pas sur la liste des premiers 20 pays les plus attractifs en Afrique si l’on se réfère au classement dressé récemment par le cabinet d’audit international Ernst & young pour l’année 2016. La fragilité du pays est la raison principale de cette situation. Le pays dont l’Etat est corrompu jusqu’à la moelle et c’est un coût supplémentaire et souvent exorbitant pour les investisseurs. Cette corruption est parfois accompagnée de rackets de haut vol qui impliquent des dirigeants et leurs proches. Par ailleurs, la croissance est faible et ne permet pas de compter sur le marché local. L’insécurité génère également des coûts supplémentaires, sans parler de la très faible densité des infrastructures socioéconomiques, etc. Et on ne doit pas oublier le climat des affaires. Madagascar est au 164ème rang sur 189 économies suivant le Doing business 2016 de la Banque mondiale. Les investisseurs étrangers scrutent à la loupe ces différents classements, d’autant plus que le continent risque de voir sa croissance ralentir par rapport à la période des 15 années précédentes. Certes, l’Afrique est l’une des deux seules régions où l’Investissement direct étranger (IDE) a progressé en 2015, mais Madagascar affiche trop d’indicateurs socioéconomiques au rouge pour attirer les IDE.

Les incertitudes politiques n’arrangent pas les choses. Si le régime actuel semble être stable, il n’y a qu’à observer ses réactions épidermiques au moindre mouvement sociopolitique. Les dirigeants jouent, en effet, les pompiers et craignent par-dessus-tout d’être renversés par un coup d’Etat ou des mouvements de rue. Cette crainte de déstabilisation n’est pas latente, elle est bel et bien mise en relief par les réactions des dirigeants et par leur soif de reconnaissance. A croire qu’ils ne se sentent pas toujours à leur place comme étant des élus ! C’est ainsi qu’ils ont beaucoup compté sur la visite du secrétaire général de l’ONU. Mais à l’inverse de ce qu’ils ont attendu, ce haut responsable a fustigé les manquements de l’exécutif qui se traduisent par une grave situation socioéconomique. Tout ceci ne contribue pas à attirer les investisseurs à Madagascar. Même des secteurs comme les mines et le pétrole ne sont plus susceptibles d’attirer des IDE. La refonte des codes minier et pétrolier semble ne pas aller dans le bon sens, étant donné les différentes critiques qui émanent de la société civile, et de quelques avertissements provenant de certains parlementaires, toujours à propos de cette refonte.

L’exploration et l’exploitation dans le secteur extractif sont connues pour s’étaler dans le temps. Mais si le pays est trop pourri comme il l’est, les investisseurs risquent fort de s’orienter vers d’autres pays. Notons d’ailleurs que dans le top 20 des pays africains les plus attractifs pour les IDE, on peut citer des pays miniers et/ou pétroliers comme l’Afrique du sud, le Botswana, l’Algérie, le Nigeria, le Mozambique. Sinon, ce classement compte des pays comme l’Ethiopie (14ème), le Kenya (4ème) suivi de l’île Maurice (5ème), le Rwanda (9ème)… L’Afrique du sud, le Maroc et l’Egypte forment le trio de tête. Dans les années 80, Madagascar a devancé des pays comme l’Ethiopie et le Rwanda. Mais la situation s’est inversée car si une bonne partie du continent avance, la Grande Ile recule inexorablement. Et c’est la faute à tous les dirigeants successifs qui excellent dans la mauvaise gouvernance.

Fanjanarivo