Les autorités malgaches et françaises font tout pour nous faire croire que les rapports entre les deux pays sont au beau fixe et qu’elles le resteront. Pourtant, ces relations sont entachées par une mémoire commune liée à la colonisation. La France considère que la page est tournée puisque Madagascar a accédé à l’Indépendance en 1960 mais la réalité n’est pas aussi simple. La colonisation a laissé des séquelles et la néo-colonisation fait des ravages. En juin 1944, les nazis ont massacré des français dans la commune d’Oradour sur Glane. Les assassins ont été tous condamnés en 1953. En mars 1947, l’armée française a massacré des centaines de milliers de malgaches. Les criminels n’ont jamais été jugés. Lorsque Madagascar aura pu juger les coupables français du massacre de 1947, obtenu de la France un dédommagement conséquent et la restitution des Iles Eparses, alors on pourra parler de normalisation des relations bilatérales. Pas avant. En d’autres termes, le Sommet de la Francophonie ne devra pas avoir lieu et la renégociation des accords de coopération entre Madagascar et la France devra être reportée, tant que cette dernière n’aura pas restitué les Iles Eparses à Madagascar et tant qu’elle n’aura pas indemnisé les malgaches pour ses massacres coloniaux. Si la France nie le droit des victimes à un procès équitable, cela signifie que ses valeurs, et celles de la Francophonie, sont pourries.
Ranary et Fabrice
