Ceux qui ont cru en la déclaration tonitruante du Premier Ministre Solonandrasana selon laquelle son gouvernement est un «gouvernement de combat » en ont eu pour leur frais ! Son gouvernement a été annoncé comme un gouvernement qui va combattre toutes les plaies dont souffre le pays : la paupérisation de plus en plus accrue, la corruption de haute volée et tant d’autres. À peine un mois après cette déclaration pourtant, alors qu’il répondait à une journaliste de la Radio France Internationale avec ce que cela peut avoir comme auditoire mondial, il a été honnête et a ponctué ses réponses du mot "essai"! Bref, son gouvernement ne combattra rien du tout, il va essayer de combattre et donc ne promet pas du tout d’y arriver. D’entrée, la couleur est annoncée : si on lui reproche son inertie, son incompétence, il a une belle protection car il déclare là « essayer de combattre ». Ainsi, par rapport aux exigences de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption, condition sine qua non des aides que bon nombre de partenaires techniques et financiers apportent à Madagascar, le Premier Ministre a répondu " nous essaierons d’honorer nos engagements". Essayer, voilà le mot est lâché! Pas sûr qu’il y aura une bonne gouvernance mais on va essayer de le faire ; pas sûr qu’on luttera contre la corruption, mais on va essayer. Et avec cette incertitude qui sous-entend une incompétence lâchée à la face du monde, le Premier Ministre et le Président espèrent des appuis des bailleurs, comme si ces derniers distribuent de l’argent à des rigolos ! D’autant que le Premier Ministre lui-même avait déclaré que Madagascar ne peut pas se passer de l’appui des partenaires techniques et financiers tout en disant à ces derniers qu’en tant que chef du gouvernement il essaiera de respecter les conditions exigées. Au moins cette interview avec la journaliste de RFI a permis au premier Ministre de jouer la carte de la sincérité, de l’honnêteté. Il ne va pas combattre, il va essayer de combattre ; son gouvernement est un gouvernement qui est à l’essai, un gouvernement qui essaie de gouverner, un gouvernement qui tâtonne sans conviction, sans entrain. Un gouvernement qui se prétend de combat et qui pourtant va essayer est juste contradictoire, pathétique et prouve que la déclaration tonitruante du premier ministre n’était que du vent. Peut-on encore se permettre « d’essayer », d’être à l’essai quand le pays est déjà dans cet état ?

Anaïs T.