La flambée des prix de la vanille ne se reflète pas dans la caisse des communes situées dans le district de Mananara nord, selon le chef de district, Henri Jocelyn Mahatody. Le district a donc élaboré et met en œuvre un plan d’action pour l’amélioration des ressources financières des communes et la sécurisation de campagne de la vanille verte. Ce plan a un double objectif : impliquer dans la lutte contre les vols de vanille sur pied les acteurs de base (maires, gendarmerie, police nationale, quartiers mobiles, chef de fokontany, planteurs, acheteurs-préparateurs…), et conscientiser les maires sur le prélèvement de la ristourne afin que les communes aient des ressources financières stables. Pour l’heure, ces ressources sont quasiment faibles pour les 16 communes qui composent le district et ce, malgré la hausse de 105% des ristournes perçues sur la vanille et le girofle en 2015. Le chef de district remarque même que la plupart des communes rurales n’arrivent pas à payer le salaire de leurs personnels et ne sont pas capables d’assurer les services publics de proximité. Or, le district, quoi qu’enclavé, a une spécificité : il dispose d’un important potentiel économique qui tourne autour de la culture de rente, c'est-à-dire le girofle et la vanille.

Mais l’enclavement est tel que le déplacement à l’intérieur de la circonscription est très difficile. Ce problème participe beaucoup aux poussées inflationnistes. Ainsi, la vie coûte plus chère dans les communes du district de Mananara nord que dans les autres districts limitrophes. La flambée des cours de la vanille contribue également à ce renchérissement des prix. Elle profite aux acteurs de la filière et leur permet de faire la fête. Si on revient sur le plan d’action évoqué plus haut, le district l’a élaboré de manière à produire des résultats comme la synergie d’action des différents acteurs dans la lutte contre les vols de vanille, l’élaboration d’un plan de sécurité par commune et fokontany, la mise en œuvre d’actions préventives comme la situation de vols de vanille dans chaque fokontany, la gestion des conflits… Il est aussi question de traiter des questions comme la phase de maturité de la vanille, le nombre des planteurs dans chaque fokontany, les acheteurs informels et illégaux qui achètent de la vanille avant la date d’ouverture de la campagne, etc.

Pour les communes, l’idée est d’inciter les conseillers communaux à délibérer sur le taux de la ristourne et de la modalité de sa perception. La formation des régisseurs de recettes est aussi prévue ainsi que l’élaboration d’un calendrier de contrôle des marchés par chaque commune. Un système de suivi-évaluation est envisagé pour la réalisation et l’efficacité du plan d’action. Accompagné d’indicateurs objectivement vérifiables, ce plan court d’avril à septembre pour la campagne 2016-2017. Rappelons que malgré l’insuffisance des ressources, le district a déjà procédé à la sécurisation de la campagne de l’année 2015-2016. Les actions étaient basées sur la sensibilisation contre l’achat avant la date d’ouverture officielle, l’application des résolutions de l’atelier régional sur la campagne vanille tenu à Maroantsetra en juin 2015. Ainsi, 5 communes ont été sensibilisées sur ces différentes questions, à savoir Antanambaobe, Sandrakatsy, Ambodiampana, Manambolosy et Ambodivoanio. Les actions de sécurisation ont permis d’épingler 24 voleurs de vanille sur pied de mai à juillet 2015. La zone littorale a été la plus touchée par ce phénomène.  

Recueillis par Fanjanarivo