Présente partout dans le monde, l’entreprise sociale et solidaire américaine Kiva l’est également à Madagascar à travers deux institutions de microfinance, à savoir Vahatra à Antsirabe et Cefor à Antananarivo. Elle entend élargir ses domaines d’intervention et est en négociation avec l’ONG Habaka, spécialisée dans la promotion des TIC et de l’entrepreneuriat. Cette ONG travaille en partenariat avec le Centre d’information et de documentation scientifique et technique (CIDST) de Tsimbazaza qui fait aussi la promotion des TIC dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Concernant Kiva, elle facilite l’accès au financement pour différentes cibles. Pour ce faire, elle procède au « crowdfunding » ou la levée de fonds sur internet pour des projets divers. Appelé également financement participatif, le fonds issu du « crowdfunding » permet aux entités partenaires de Kiva d’emprunter à taux zéro auprès de cette entreprise américaine. Le remboursement peut s’échelonner sur 10 à 15 ans. Et il appartient à ses partenaires de prêter à leurs propres membres suivant leurs modalités.
Les projets présentés par les partenaires à Madagascar sur le site web de Kiva acquièrent le financement demandé en deux temps, trois mouvements, soit en une demi-journée ou sur une journée. La raison en est que les montants demandés sont plutôt modestes à l’échelle internationale, soit 100 à 350 dollars. Il s’agit, en fait, de projets initiés dans le cadre de la microfinance et donc de projets issus de secteurs comme les petits métiers, le petit commerce… Pour être partenaire de Kiva, il faut avoir la capacité de réaliser des résultats de 100 000 dollars par an. Ce critère d’éligibilité étant trop élevé pour d’éventuels partenaires à Madagascar, ces derniers pourraient opter d’être classés dans la catégorie 1, c'est-à-dire afficher un résultat annuel de 50 000 dollars. Kiva peut aussi travailler avec les instituts supérieurs et les universités. Via des partenaires locaux, elle peut, par exemple, faciliter l’accès des étudiants au financement de leurs études. Le prêt pourrait concerner l’équipement, le paiement des frais de scolarité, etc. Kiva peut également fournir des crédits d’insertion à l’emploi pour les diplômés qui ont besoin de formations supplémentaires, etc.
Bref, cette entreprise sociale et solidaire basée en Californie est une option pour faciliter l’accès au financement à différents acteurs de développement. Elle facilite chaque semaine l’accès aux prêts à plus de 4 000 emprunteurs. Et il arrive qu’en 2 jours seulement, Kiva arrive à lever jusqu’à 500 000 dollars. Sa philosophie est de contribuer à créer un monde plus juste. Et il s’avère que son approche peut beaucoup apporter à un pays comme Madagascar où l’accès au financement est très problématique, surtout pour les jeunes et les nouvelles entreprises. Pour l’obtention de prêts, le pays est au 167ème rang sur 188 économies selon le classement du Doing business 2016 de la Banque mondiale. Certes, il a gagné 13 places sur une année, mais il n’en demeure pas moins qu’il reste toujours en queue de peloton.
Fanjanarivo