La colère monte chez les Chefs Fokontany car leurs indemnités n’ont pas été payées depuis une année. La responsabilité de cette carence incombe au Ministre de l’Intérieur qui n’est autre que le Premier Ministre. Cette situation scandaleuse est en contradiction avec la décentralisation effective prônée par le régime. Elle constitue également une violation de l’article 152 alinéa 2 de la Constitution qui dispose que : « les responsables des Fokontany participent à l’élaboration du programme de développement de leur commune. » Ils ne peuvent pas participer au développement de leur Fokontany, de leur commune et de la nation, s’ils n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Dans ces conditions, il ne faut pas demander aux Chefs Fokontany d’être présents au quotidien dans leur bureau crasseux et d’organiser des milices pour assurer la sécurité dans les quartiers. Ils ont le droit de n’assurer que le service minimum. Si Olivier Mahafaly, en sa qualité de philosophe, d’administrateur civil, de Ministre de l’Intérieur et de Premier Ministre, n’a pas compris cela, c’est qu’il n’est probablement pas la bonne personne à la bonne place. Pour le moment, le régime se montre dédaigneux à l’égard des Chefs Fokontany car il peut se passer d’eux. Pourtant, il s’empressera de les soudoyer à l’approche de la propagande pour la prochaine élection présidentielle.

Phil de Fer