Arrêtez le massacre ! Cette semaine, les Malgaches ont subi deux chocs, et non des moindres : l’arrivée du Virus Zika et l’alerte d’un coup d’Etat. C’est trop pour une population qui, déjà, ne peut plus de supporter les errements, les bêtises, l’incompétence de ses gouvernants. Afin de cacher les insuffisances des uns et des autres à Iavoloha et à Ambohitsorohitra, Hery Rajaonarimampianina a créé, dare-dare, des journaux, censés le protéger des critiques de l’opinion. Peine perdue, car les directeurs de ces quotidiens sont déphasés : doivent-ils défendre l’homme fort du HVM, à travers des articles parfois peu convaincants, peu crédibles, ou mettre en avant les petites, les minuscules réalisations du chef de l’Etat. Les confrères qui ont pris faits et causes pour M. Rajaonarimampiana commencent maintenant à s’interroger quant à la finalité, au bien-fondé de leur « allégeance ». Malgré les millions d’ariary qu’ils ont reçus depuis...
Dans tous les cas, ce faux, ce « fôpla » coup d’Etat est principalement destiné à amuser la galerie, à faire peur vous et moi. Mais on tient bon. En effet, en Afrique ou en Asie, un putsch, qui échoue, provoque automatiquement l’arrestation immédiate des présumés instigateurs militaires ou civils. Jeudi, rien de cela n’a eu lieu. Donc, ce coup d’Etat n’est qu’un mauvais film de série B américaine. Un coup qui ne fait pas honneur à celui qui l’a mis en scène…
Si l’on n’a plus rien à proposer aux Malgaches, on se tait ! Une telle remarque est surtout valable pour ces idiots qui entourent le chef de l’Etat dont le salaire mensuel moyen s’élève à 25 millions fmg, sans oublier les avantages (voiture, portable, chèques carburant, etc.). Beaucoup, parmi les hauts fonctionnaires ont aujourd’hui envie de jeter l’éponge, et nous de jeter la plume, tant les inégalités sont flagrantes dans ce pays de m…
Pire, pas plus tard qu’hier, la Cour des comptes a présenté auprès de la Cour suprême, un rapport selon lequel depuis 2001, des dizaines de milliards sont sortis illégalement des caisses de l’Etat sans aucun contrôle. Pas étonnant, donc, si ce pays est, en ce moment, dans la dèche. Quelque part, on en rigole, mais nous, on n’a plus la force de crier à l’injustice…
Franck Raharison
