Rush impressionnant des jeunes chômeurs vers les unités en reconstruction de Tiko à Ankorondrano. Depuis le début de cette semaine, une queue interminable de demandeurs d’emploi serpente dans la cour et se dirige vers les guichets qui enregistrent les CV. On parle de 5000 postulants, et le chiffre n’est certainement pas exagéré au vu de l’affluence. Pourtant, l’avis de recrutement n’a pas été publié dans la presse, mais a seulement été diffusé sur les réseaux sociaux. Le bouche à oreille a ensuite fonctionné et a abouti à la formation de cette file monstre d’Ankorondrano. Les demandeurs sont d’autant plus motivés que la reconstruction des bâtiments va bon train. Les toitures par exemple sont déjà en place, ce qui semble augurer d’un redémarrage proche des activités. Notons que la remise en marche des unités de Tiko n’a pas obtenu le feu vert du régime en place. La reprise des activités est soumise au paiement des arriérés d’impôt de Tiko qui s’élèvent à 250 milliards d’ariary. Marc Ravalomanana s’est dit incapable d’honorer cette « dette » astronomique, et compte sur l’indemnisation des unités dévastées en 2009 pour s’exécuter…
Souhaitons que l’Etat et Marc Ravalomanana trouvent une solution avantageuse pour l’intérêt du pays dans ce différend. D’abord car la réouverture de Tiko est un souhait très répandu, si l’on en juge par l’affluence des jeunes chômeurs à Ankorondrano. Ensuite car les produits Tiko avaient, selon beaucoup, une qualité inégalée (notamment le yaourt, l’esquimau, la margarine etc.) et méritent de revenir sur le marché. Un fait qui semble évident dans la conjoncture actuelle: on inflige à Marc Ravalomanaan un traitement qu’il avait lui-même mis en oeuvre du temps où il était chef d’Etat. L’homme en effet avait préféré avantager les opérateurs économiques étrangers, les entrepreneurs malgaches pouvant se muer en adversaires politiques coriaces s’ils prenaient de l’envergure.
En bloquant la réouverture de Tiko et en laissant les étrangers (surtout Indo-Pakistanais) régner sur le marché de l’agro-alimentaire, l’actuel régime nourrit peut-être des visées politiciennes. Néanmoins, le sort fait à Marc Ravalomanana provoque la méfiance des entrepreneurs étrangers, et ne les incite pas à venir opérer dans l’île.
A.R
