Les stations de radio de M3TV et VIVA à Mahajanga sont menacées de fermeture par l’ARTEC, autorité de régulation des télécommunications qui gère, entre autres, les fréquences des radios et télévisions. Raison invoquée : empiètement des fréquences de ces stations avec celle de l’ASECNA qui comme son nom l’indique, gère la sécurité aérienne.
Sur la base des activités des utilisateurs de fréquences concernées, on n’hésiterait une seule seconde pour privilégier la sécurité des aéronefs de leurs passagers à bord. On n’hésiterait pas un seul instant si les émissions des radios risquent de compromettre les activités de l’ASECNA.
Seulement, M3TV et VIVA ne datent pas d’hier et l’ASECNA est en activité depuis des dizaines d’années. A la création de ces stations radio, l’organe étatique ancêtre de l’ARTEC avait attribué les fréquences en toute connaissance de cause, c’est-à-dire la proximité avec la fréquence utilisée par l’ASECNA.
C’est des années plus tard que l’autorité responsable se rend compte de la proximité des fréquences des stations appartenant à des personnalités de l’opposition. Les parties concernées vont certainement démontrer sur le plan technique du non-fondé de la mesure. Là où nous voulons en venir est la timidité de la réaction de la presse face à cette manœuvre de fermer des stations. Peu ou prou d’organes ont, en effet, dénoncé la menace alors que quelque soit la position politique de ces radios, on ne peut accepter leur fermeture pour des raisons autres que prévues par la loi.
L’Ordre des journalistes de Madagascar (OJM), son président et son bureau, reste cependant silencieux. On ne veut pas critiquer notre confrère président et ses patrons propriétaires du journal qui encouragent les articles sensationnels sur le sexe. On se rappelle du discours flagornant du président de l’OJM à l’endroit du pouvoir lors de la soirée bien arrosée de la journée de la liberté de la presse.
Contrairement à la tradition, depuis feu Rémi Ralibera jusqu’à Ruphin Rakotomaharo qui était pourtant lié par son statut de fonctionnaire, l’OJM restait pourtant vigilant et surtout réactif par rapport à toute tentative de museler la presse. L’Ordre des journalistes est-il devenu sous les ordres du pouvoir ?
Sa
