Le départ de la course de fond a été donné. Eh oui, la course au pouvoir est devenu le combat présidentiel, la Priorité, « l’essai » que l’équipe présidentiel va devoir transformé en 2018. Cet objectif gouvernemental qui apparait vital, prioritaire, unique ne sera pourtant pas « beneficum sine cura » car d’autres champions sont en lice comme d’autres vont entrer dans la course. Et pendant ce temps, la famine continue à décimer la population du sud de Madagascar.
Le marathon est une course de 42,195 km. Le nom de l’épreuve prend racine d’une anecdote antique : le messager grec Philippidès apporte à Athènes l’annonce de la victoire contre les Perses au prix de sa vie.
Par analogie, cette course au pouvoir sera assimilée au marathon, épreuve de longue haleine qui déterminera « le champion » en fin de course, fin de course qui sera les élections présidentielles 2018.
Par ailleurs, il faut cependant lourdement souligner que les règles du Marathon sont immuables au cours du temps et ne peuvent varier au gré des candidats à la course. Une épreuve de fond qui révèle les qualités réelles des participants et lui a conféré pendant des années le titre de Reine de l’épreuve en athlétisme.
La Gazette de la Grande Ile sera donc le support de ce long cheminement, n’est-ce pas une de ses « spécialités », de rapporter les faits sans les détacher de son historicité. Et le point de départ de ce marathon présidentiel, positionnement qui engage exclusivement ma personne , sera un témoignage, un écrit laissé par un compatriote de l’ombre parmi tant d’autres et qui n’a eu comme seul et unique objectif que celui d’œuvrer tout au long de sa vie pour la pérennité et le devenir harmonieux de la « Terre des Ancêtres ».
Des archives familiales, et du livre de monsieur Rabemananjara Raymond William « Correspondance de Madagascar » 1950-1999, Tome II, j’ai détaché une correspondance de monsieur Henry Razanatseheno à monsieur Raymond William Rabemananjara, une correspondance en date du 17 aout 1997 :
« Mon Cher Ami,
J’ai attendu d’être à Tana pour répondre à ta lettre du 31 juillet. En effet, mon séjour en Europe a été trop chargé. Aussi, il ne m’a pas été possible de t’écrire plus tôt.
Notre rencontre a été providentielle, car elle nous a permis de constater d’abord que Dieu et les ancêtres ont voulu, comme tu le dis si justement, nous préserver et nous garder actifs et en bonne santé, ensuite réaffirmer notre amitié.
Nous avons des obligations envers notre pays qui connaît actuellement une situation catastrophique, vu les comportements des hommes politiques véreux.
Je suis heureux d’apprendre que tu te réserves une action qui portera fruits. De mon côté, j’ai pris une résolution ferme de ne plus rester spectateur, car si nous laissions cette situation perdurer, il ne sera plus possible de sauver Madagascar.
Nous pourrons coordonner nos efforts pour sauver notre pays. Nous avons lutté pour son indépendance et nous avons laissé aux autres plus jeunes que nous le soin de la développer. Combien nous nous sommes trompés ; car peut-être, nous aurions dû continuer jusqu’à ce que le pays ait trouvé sa complète émancipation avant de passer le flambeau. Les circonstances ne nous ont peut-être pas aidées. C’est notre excuse ; Aujourd’hui, nous n’en avons plus aucune.
Il nous faudra maintenant prendre conscience et agir avec sagesse et détermination.
J’espère pouvoir échanger des nouvelles avec toi peut-être, pourrions-nous coordonner nos efforts et nos actions dans le respect de la démocratie, laquelle, il faut le reconnaître est aujourd’hui acquise. Mais il faut aussi savoir la préserver.
Je crois et même foncièrement persuadé que nos amis français sincères nous aideront à sauver Madagascar. Notre coopération avec la France doit être profonde et basée sur un esprit de partenariat à égalité où chacun trouve ses intérêts.
Merci de ton estime pour ma personne, je pense t’assurer qu’elle est réciproque.
Avec toutes mes amitiés et mes fraternelles accolades. Henry Razanatseheno »
C’était le 17 août 1995, la triste réalité en date du 22 mai 2016 : tout est à reconstruire… « Le son déchirant de la corne n’a pas réussi à réunir ces damnés pourceaux. »
L’avant-propos nous livre cette réflexion « dans le domaine politique, la communication est-semble-t-il l’instrument privilégié de l’action. Il est difficile d’agir sans être averti des réalités. Et dans le même temps l’action efficace est celle qui est comprise et rayonne.
En dehors de la parole et de tout autre écrit, la correspondance a ce rare mérite d’atteindre à la fois l’esprit et le cœur. Une lettre a un certain caractère d’intimité. Nous dirions : elle rend plus sensible ce que l’on cherche à vouloir être partagé par le destinataire. »
Recueillie par
Nancy Razanatseheno
