Face à l’appel du ministre de la Justice, Charles Andriamiseza, pour que les greffiers reprennent leur travail, les adhérents au syndicat répondent par le maintien de la grève. « Nous ne cesserons notre grève que lorsque nos revendications seront satisfaits » déclarent les responsables au niveau du SGM ou Syndicats des greffiers de Madagascar. Ces revendications non-satisfaites sont entre autres, selon leurs dires : les émoluments demandés qui ne sont pas encore totalement attribués, ainsi que le décret d’application du versement des greffiers (transfert du poste de greffier à greffier en chef selon l’ancienneté des employés et leurs diplômes) qui ne nécessiterait plus que d’être signé. La cessation intégrale de travail (qui signifie sans service minimum) continue donc pour ces employés, qui, d’après les syndicalistes, est maintenue par les greffiers à travers le pays.

D’un autre côté, le greffier en chef du tribunal d’Anosy, Inham Ella Herinatrehana, qui continue de travailler, déclare que personnellement elle n’adhèrerait pas à la grève pour la population et aussi car les revendications des syndicalistes demanderaient un grand effort pour la faisabilité : « le versement des greffiers réclame encore un grand acheminement avant d’aboutir». Elle affirme dans ce sens qu’une bonne partie des greffiers ont toujours effectué leur travail, alors que les adhérents aux syndicats parlent d’embauche d’employés non contractuels de l’Etat ; situation qui attise encore plus la mobilisation des grévistes. Aussi, il ya service au palais de justice, mais au compte goutte.

Dans tous les cas, pour les simples citoyens, ces discordes au niveau des employés du tribunal engendrent beaucoup de conséquences. Ainsi, la réquisition des registres de casiers judiciaires par les grévistes ont largement retardé la préparation des dossiers de candidatures pour les différents concours d’Etat, comme le concours d’entrée en tant qu’employé au service des douanes dont la déposition finale des dossiers est prévu dans les semaines à venir. Un autre exemple relève des détenus enfermés dans les postes de police de la ville des milles, jusqu’à 3 semaines pour certains au lieu de quelques heures normalement, en attendant leurs audiences au tribunal d’Anosy. D’après un responsable du poste de police de Mahamasina, les détenus sont aussi des personnes jouissant des droits humains : « nous ne pouvons pas les laisser séquestrés dans les cellules, nous sommes obligés de les faire sortir et de les surveiller chaque jour».

Un travail supplémentaire qui ne devrait pas être de leur ressort.

Nomena