Depuis sa première apparition en public à Faravohitra dans la matinée du 13 octobre 2013, le fondateur du parti TIM n’arrête pas d’attirer l’attention des médias et la curiosité de tous les observateurs. Déjà en quittant le territoire national pour s’exiler au pays de l’illustre Mandela, il fait l’objet d’une remarque très prémonitoire de la part d’un diplomate d’une grande puissance. Cet ambassadeur d’un pays pourtant favorable à l’homme d’Imerikasinina a clairement prédit que le jour où Marc Ravalomanana reviendra à Madagascar, il y aura des troubles…
Depuis quelques jours, les événements qui tournent autour des gesticulations politiciennes de cet homme ne présagent rien de bon. Avec son avis de recrutements pour le compte de TIKO S.A et ses déclarations fracassantes quant à sa détermination de tenir tête à la puissance publique. Il vient de jeter le masque pour apparaître sous son vrai profil d’affairiste avide de pouvoir devenu président de la rue publique par la ruse et les combines honteuses de quelques politicards tels que Norbert Ratsirahonana et les ambitions amateurs du clan des Tikoboys.
Pour tout ce beau monde et leur fieffé roublard de patron, l’objectif final en politique et dans la vie quotidienne est l’enrichissement très « rapide et durable ». Par tous les moyens de manière illégale et illicite. Avant l’ère de RA8, les dirigeants qui se sont succédé dans la conduite des affaires étatiques avaient tous leurs petits et grands défauts, il faut le reconnaître. Après cette double investiture qui avait inauguré le règne de la mauvaise gouvernance sous le signe du népotisme et de l’utilisation abusive à des fins personnelles et égoïstes des finances publiques et prérogatives étatiques, les péchés de tous les régimes précédents ne représentaient que des péchés véniels comparés aux soustractions frauduleuses de l’argent de l’Etat au niveau de la Banque centrale jusque dans les caisses des entreprises publiques.
Les achats ostentatoires de jets privés est la longue liste des détails des octrois des marchés publics au profit des copains et des coquins restent et demeurent mémorables dans l’esprit de tous les Malgaches. Sous la plume de notre confrère Jeannot Ramambazafy, on pouvait déjà lire à l’époque dans Madagate «Une fois au pouvoir, ce sera la porte ouverte à tous les abus financiers effectués sur le dos de la Nation même. Nation qui, rappelons-le, est composée du peuple. Ayant créé la société Alma pour Asa Làlana Malagasy ou Travaux routiers malgaches, tous les marchés de bitumage de la ville d’Antananarivo, dont le maire était Patrick Ramiara-
mana, lui sont carrément donnés car sans appels d’offres aucun. Dans le courant de l’année 2002, la famille Ravalomanana s’associe au géant sud-africain Shoprite Holding Ltd (présent dans 17 pays d’Afrique) pour racheter au Monégasque Cyrille Juge, le supermarché “Prisunic” (Grand Magasin de Madagascar ou GMM S.A.) qui se trouvait place de l’Indépendance à Antaninarenina Antananarivo. Depuis, aussi facilement qu’un 4 amis monte son taudis en carton, il existe des Shoprite un peu partout. Le dernier en date étant celui situé sur la route de l’université. L’hôtel Hilton, plus exactement ses murs, devenu Hôtel Carlton le 2 novembre 2007, a été vendu par la société Henri Fraise et Fils à la société Tiko qui, extraordinaire, possède des actions à hauteur de 40% dans l’hôtel Colbert. »
C’était la belle époque de toute une voyoucratie au pouvoir. Les fonctionnements de toutes les institutions étatiques étaient soumis au bon vouloir d’un homme qui faisait de la religion un instrument de manipulation de l’opinion publique. Les députés de pacotilles élus sous l’égide d’un contexte perverti et les sénateurs majoritaires froussards du parti majoritaire AREMA obéissaient au doigt et à l’œil aux quatre volontés de Marc Ravalomanana. Personnage d’éducation fortement influencé par le protestantisme, fort de l’appui d’un cardinal catholique sectaire actuellement décédé, il faisait la pluie et le beau temps dans tout le clergé de Madagascar, si bien que les rares opposants à son régime avaient permis l’essor des sectes de toutes les tendances.
En ce temps-là c’était l’âge d’or des trafics de cannabis, de drogues dures, de bois de rose, de l’or, des ossements et des organes humains avaient connu leur apogée. Les services du fisc, des douanes et l’armée et les forces de l’ordre étant pratiquement maîtrisés par un empire à qui Jeannot Ramambazafy va attribuer le titre ronflant et ironique de TIKOLAND.
« A l’époque, la société Tiko n’a jamais payé ses impôts d’un montant de 250 milliards fmg, » rapporte ce même chroniqueur. Et à l’heure actuelle, ce mauvais contribuable qui avait fait fortune avec des biens mal acquis en occupant un palais d’Etat se permet de crier au scandale parce que les autorités se montrent fermes pour faire appliquer les lois à son endroit.
Les bureaux de certaines juridictions croulent sous le poids de dossiers accablants sur notre RA8, alors pourquoi menacer tous ces suspects en puissance de temps de la Transition et de l’entourage de Hery Rajaonarimampianina alors qu’un ennemi public N° 1 se pavane dans les rues de la capitale et menace même de tenir tête à la puissance publique. Dommage que Richard Ravalomanana ne soit plus là pour le mettre à sa place... C’est à se demander : « Qui a peur de ce filou de Ravalomanana ? » Serait-ce parce qu’il se vante et se targue partout d’avoir eu comme employé à son service un expert-comptable actuellement devenu Président de la République ?
Noël R.
