La Chine a accordé un prêt de 89,6 millirads Ariary à Madagascar destiné à la réhabilitation des axes routiers (Ivato à Tsarasoatra et Ivato à Andohotapenaka). A cette somme s’ajoutent les 25 milliards Ariary alloués à la Présidence de la République par la Loi de Finances. Ce budget de 114,6 milliards Ariary attire bien des convoitises, surtout auprès des barons et baronnes du régime. Ce montant, qui n’évoque rien pour le simple mortel, est pourtant colossal. A titre comparatif, il est supérieur aux budgets cumulés des Ministères de la Fonction Publique, de l’Industrie, de la Communication, de l’Elevage, de la Pêche, de la Jeunesse et de la Culture. Les 114,6 milliards Ariary sont-ils mieux gérés que tous les Ministères précités réunis ? On est en droit d’en douter puisque la transparence n’est pas de mise. Comment et à qui ont été attribués les marchés de la communication internationale et de la réhabilitation des routes ? Dans quelles conditions a été octroyé à la Seimad le marché de la construction du Village de la Francophonie ? Qui a perçu des commissions lors la concession des aéroports d’Ivato et Nosy Be au profit du Consortium Aéroports De Paris-Colas Management/Meridian Africa/Bouygues BTP ? Les 114,6 milliards Ariary octroyés au Sommet de la Francophonie ne suffiront certainement pas à boucler le projet. L’Etat malgache n’aura pas d’autre choix que d’emprunter à nouveau et nos enfants devront rembourser le fardeau d’une dette supplémentaire aussi absurde qu’inutile. Le Sommet de la Francophonie ne vaut certainement pas la peine de creuser davantage un endettement public qui va fragiliser encore plus l’économie malgache. Rappelons-nous ce mot du président américain John Adams : « Il y a deux façons de conquérir et d’asservir une nation. L’une est l’épée. L’autre est la dette. »
Folojaona
