La géographie économique de Madagascar est caractérisée par une double disparité entre les villes et le milieu rural d’une part, et entre les différentes régions d’autre part. Ces inégalités se reflètent aux niveaux des opportunités économiques et des dotations en infrastructures économiques et sociales.

Dans cette condition, les informations rendues publiques dans l’édition 2016 des Perspectives économiques en Afrique indiquent, notamment, que l’amorce du processus de développement durable passe par une transformation structurelle de l’économie, ce qui implique une réallocation de ressources vers des secteurs plus productifs, et une meilleure intégration économique des zones rurales et des zones urbaines à travers la mise en œuvre de politiques publiques favorisant la gestion rationnelle et organisée du territoire et une maîtrise du phénomène d’urbanisation rapide. Dans ce contexte, l’articulation entre le développement économique et le développement urbain nécessitera un réexamen des politiques territoriales et des investissements. Des économies d’agglomération, l’élargissement des marchés et la meilleure connectivité qui en résultent permettent des gains de productivité et des économies d’échelle. Madagascar est en cours d’urbanisation progressive avec un rythme plus ou moins soutenu ces dernières années.

En creusant davantage la situation, les mêmes données font état, surtout, que le niveau d’urbanisation est passé de 11 % de la population en 1960 à 22 % en 1990, 27 % en 2005 et 37 % en 2013, avec une population urbaine estimée à 6.9 millions d’habitants en 2013. La population urbaine s’est accrue au rythme moyen de 4.7 % par an entre 2010 et 2015, plus rapidement que la population rurale. Selon les projections, la population urbaine devrait compter 18 millions de personnes à l’horizon 2035.

Et les éléments d’information de Perspectives économiques 2016 de rappeler, entre autres, qu’en termes administratifs, le pays compte 1 693 communes dont 172 villes. Antanarivo comprise, qui dispose du statut particulier de « métropole nationale », 76 villes ont le statut de « commune urbaine », dont 8 communes de première catégorie ayant un statut de « métropole régionale» et 67 communes de deuxième catégorie qualifiées de « moyennes et petites villes ».

Sur les 1 617 communes rurales, 99 sont des communes rurales de première catégorie et 1 520 de deuxième catégorie.

Mais, remarque-t-on, en outre, et singulièrement que sur le plan institutionnel, la gestion urbaine implique trois entités, à savoir le ministère de la Décentralisation et de l’Intérieur, le ministère de l’Aménagement du territoire, et chaque Commune urbaine. Les villes malgaches disposent généralement d’un budget extrêmement limité, du fait de la faible attribution budgétaire de l’État et de leur difficulté à mobiliser des ressources financières locales, notamment fiscales. Seulement 5 % du budget national est affecté aux collectivités locales et aux administrations régionales, et plus des trois quarts du budget des villes sont constitués par leurs ressources propres : i) les redevances sur les opérations commerciales ; ii) les taxes indirectes à travers la fiscalité foncière ; et iii) les redevances sur les services publics…

Bref, et pour les analystes de Perspectives économiques en Afrique, les politiques publiques nationales se préoccupent peu du phénomène de l’urbanisation, se focalisant sur le développement rural, le volet social et la protection de l’environnement. Les initiatives concernant les villes sont menées de façon ponctuelle, sans véritable politique d’ensemble.