Le Sénateur Lylison fait l’objet d’un mandat de perquisition. Il est accusé d’atteinte à la sureté de l’Etat. Dans la foulée, des rumeurs circulent concernant un mandat d’amener ou d’arrêt à l’encontre de l’opérateur économique Mamy Ravatomanga. Il lui est reproché de financer les actes de déstabilisation du Sénateur Lylison. Que d’affolement et de gesticulation de la part du régime! Tout d’abord, le Sénateur Lylison n’est pas l’auteur de différents barrages dans la capitale mais comme il a demandé aux citoyens de faire preuve de résistance citoyenne à travers un appel à une « Ville Morte », on l’accuse de tous les maux. Le mandat de perquisition exécuté hier est donc une forme d’intimidation et traduit une volonté de réduire sa liberté d’expression. Ensuite, les rumeurs concernant les mandats contre l’opérateur économique Mamy Ravatomanga relèvent également de l’intimidation. Rien ni personne ne peut prouver qu’il finance effectivement le Sénateur Lylison. Les deux hommes se connaissent depuis la Transition mais sans plus. Leurs liens supposés sont une paranoïa de plus de nos dirigeants. Un mandat est avant tout un ordre de justice. En lançant cette rumeur de mandats d’amener ou d’arrêt, le régime cherche le bâton pour se faire battre puisqu’il avoue qu’il peut manipuler la justice à sa guise, sur la seule base de rumeurs mais non pas de preuves établies. Il n’y a pas si longtemps, le Chef de l’Etat s’insurgeait contre les rumeurs. Pourtant, aujourd’hui, on voit bien que c’est le régime qui se complaît dans les rumeurs. Cette technique de contre-feu pour faire diversion est vieille comme le monde et n’étonne personne. Incapable de résoudre les problèmes des délestages, du banditisme, de l’inflation et des trafics, le régime déploie ses forces vers des bouc-émissaires et médiatise ses actions. Cela lui donne l’illusion qu’il est capable de maintenir l’ordre et de déjouer tous les complots réels ou imaginaires. En se trompant de combats et de cibles, le régime ne fera qu’aggraver le mécontentement populaire.
M. GASPARD
