La presse alignée présente une photo de groupe agrandie des participants du Sommet mondial humanitaire (22 et 23 mai à Istanbul, en Turquie). En médaillon, on voit le président Rajaonarimampianina au premier rang, excentré mais devant Angela Merkel, la chancelière allemande. On compte ainsi donner au chef d’Etat malgache un rang mondial et un rayonnement qu’il n’a pas. En fait, Merkel était le seul et unique chef d’Etat d’une grande puissance, venu au sommet. Notamment, car en raison de la vive pression exercée par le nombre croissant des réfugiés, elle y a sollicité la collaboration des autres continents. Obama, Poutine, Hollande et Cameron, par exemple, n’ont pas fait le déplacement. Peut-être pour fuir la main tendue des chefs d’Etat quémandeurs…

En tout cas, Hery Rajaonarimampianina a été installé au 22ème rang dans la liste de ceux qui montaient à la tribune. Devant lui, en dehors de Receyip Erdogan (Turquie) et Angela Merkel (Allemagne), il y eut surtout des chefs d’Etat peu connus, notamment des petits pays issus de l’éclatement du bloc de l’Est : Macédoine, Georgie, Slovaquie, Montenegro, Albanie…

A noter que devant Hery Rajaonarimampianina, la Côte d’Ivoire fut représentée non par le président Alassane Ouattara, mais par un Premier ministre obscur, Daniel Duncan. Au moment où le chef d’Etat malgache prenait la parole, la salle était particulièrement clairsemée. Dans son discours, Hery Rajaonarimampianina a tendu la main d’une manière indirecte, de cette façon : « Il est injuste que pour des raisons politiques, deux pays présentant les mêmes besoins ne reçoivent pas le même volume d’aide… ». Si Madagascar est victime d’un « deux poids deux mesures », c’est notamment car Hery Rajaonarimampianina tend la main, mais se présente aussi au sommet avec un… jet personnel. De quoi inciter les bailleurs à penser que l’aide humanitaire ne bénéficie pas aux sinistrés, mais prend une autre direction. On sait aussi à l’étranger qu’au lieu de combattre la pauvreté, on fait surtout du « business » au sommet de l’Etat. Si on pille l’argent public, on pourrait aussi détourner l’aide humanitaire internationale.