Ban Ki-moon, Secrétaire Général des Nations Unies en fin de mandat était venu passer deux jours à Antananarivo, Capitale de Madagascar. Pour ces deux jours, la ville ou du moins les endroits où Ban Ki-moon devait passer étaient astiqués, nettoyés ; on lui cachait la misère quotidienne de la population si bien que durant ces deux jours, plus que les autres jours, la chasse aux marchands ambulants était particulièrement ardue. Dans l’optique de ces deux jours, des routes ont été refaites, celles que devaient emprunter l’hôte de marque ou son épouse et durant ces deux jours les forces de l’ordre ont assuré comme il fallait la sécurité en arpentant les rues et ruelles de la ville. Pendant deux jours, les marchands ambulants qui ont l’habitude d’être chassés mais pas de 6 heures du matin à 20h, les marchands ambulants qui ont élu quartier dans les rues de la capitale ont été chassés toute la journée comme des pestiférés. Il était hors de question que Ban Ki-moon voit que les lois sont faites pour être violées, que Ban Ki Moon voit la misère de la population malgache. En réalité, Ban Ki Moon connaît cette réalité-là, qui plus est il a eu sa rencontre avec la société civile, cette entité qui n’est pas là pour ménager et taire les défaillances des dirigeants. Seulement dès lors que Ban Ki-moon a repris l’avion, les marchands ambulants ont réinvestis dans la journée les rues de la capitale, la ville est de nouveau salle, l’insécurité a repris de plus belle, les forces de l’ordre craignant parait-il un coup d’Etat jouent aux cartes dans leurs voitures devant les bâtiments publics et ont cessé sinon réduit leur patrouille en ville. Il est évident que les efforts faits durant le passage de Ban Ki-moon avaient pour objectifs de rendre le séjour de Ban Ki Moon le plus plaisant que possible, de donner une image complètement fausse de la réalité quotidienne des malgaches à ban Ki Moon et dès le départ de celui-ci tout redevient comme avant. Un petit tour de Ban Ki Moon à Antananarivo et les tananariviens ont eu le sentiment que les dirigeants se soucient d’eux en arrangeant des portions de routes restées dans un état exécrable depuis des mois ; un petit tour de Ban Ki-moon dans la capitale et les tananariviens se sont dits que les forces de l’ordre assurent effectivement la sécurité des personnes et des biens, deux malheureux jours pendant lesquels l’Etat a rempli son rôle…Et puis, Ban Ki-moon est parti, un petit tour et puis s’en va ! Toutes ces gesticulations étaient faites pour Ban Ki-moon. Bref, les dirigeants n’en ont cure de la population malgache et se plient en quatre pour ces hôtes de marque de passage. On finira par demander aux prochains dirigeants de ce monde de venir chacun passer 2 jours à Madagascar, le pays finira au bout de quelques années à être propre, où règnerait la sécurité et où la misère sera effectivement éradiquée et non cachée !
Anaïs T.
